Bad buzz : Show biz, les effets pervers de la célébrité

mercredi 1 septembre 2021 • 608 lectures • 0 commentaires

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Bad buzz : Show biz, les effets pervers de la célébrité

Les scandales sexuels, un phénomène de plus en plus en vogue sous nos cieux et qui touche particulièrement le monde du show-biz. Certaines de ces célébrités qui sont au cœur de ces dérapages, s’en servent pour créer le buzz autour d’eux ou pour relancer une carrière en berne. Tandis d’autres parmi elles, sont tout bonnement victimes de leur statut de stars. Enquête…

Un acteur batifolant avec sa compagne… Un autre qui expose délibérément son appareil génital et fricote avec une amie dans une chambre d’hôtel. Une chanteuse remettant du gloss entre deux fellations. Des scènes aussi salaces que débridées, exposant des stars sous toutes les coutures, derrière la caméra, font légion. Quand cela se passe sous d’autres cieux, les faits peuvent sembler anodins. Aux Etats- Unis, le sextape, entre autres, a d’ailleurs fait le beurre de plusieurs célébrités. Toutefois, jouées sous nos tropiques, ces genres de séquence, mettant en scène des autochtones, installent la clameur populaire. Et de plus en plus, des célébrités sénégalaises sont citées dans des scandales sexuels. Celles qui mènent une vie libertine sont, généralement, les plus concernées. Ainsi, il est devenu fréquent de voir des vidéos compromettantes de nos stars locales divulguées sur Internet. A leur insu ou non ! Ces «films», au départ destinés à un usage privé, se retrouvent en ligne et donc accessibles à des millions d’utilisateurs. Cela a été le cas pour la célèbre danseuse de Sidy Diop, Ndèye Ndiaye Banaya. Elle et son petit-ami avaient filmé leurs ébats sexuels sur Lomotif. Des scènes assez trash qui ont été rendues publique par un influenceur, ont fait le tour du Web. On ne sait pas par quelle magie elles ont atterri entre ses mains. Doudou et Ngor de la série «Adja» ou encore Mbaye Kouthia ont, eux, fait couler beaucoup d’encre et de salive, après avoir été vus dans des positions embarrassantes. Quid de Niang Kharagne Lô, le snapeur attitré de Wally Seck, lors de son fameux dérapage dans des toilettes ? Il a exhibé son sexe en direct sur snap sans le faire exprès. La vidéo est vite devenue virale. Mais, qu’est-ce qui peut pousser les artistes sénégalais, surtout les plus jeunes, à s’empêtrer dans des histoires pareilles ? Pour le propriétaire d’un site people et animateur, Tange Tandian, ils cherchent tous à se faire un nom, qu’importe le prix. Ils sont prêts à tout. Il évoque un manque d’encadrement pour la plupart de ces artistes. «Ce sont des jeunes qui ont plein de talent. Mais ils ne croient pas en leur talent. Ils sont obnubilés par le succès, l’argent facile, le luxe et n’ont pas de staff, ni de management, encore moins un pool communication», lance-t-il d’emblée. 


«C’est une façon pour eux de faire du bruit et se créer du buzz»
Le patron de Vip Peoples constate, dans ce lot, deux catégories. Certains qui s’exposent sciemment. Ceux-là le font, à son avis, pour créer le buzz et ainsi booster ou relancer une carrière sur le déclin. «C’est de la prostitution déguisée. Il y en a qui le font à dessein pour le gain facile. Au lieu de faire jouer leur talent, ils préfèrent la facilité. Ils savent que beaucoup de Sénégalais préfèrent regarder des vidéos vulgaires plutôt que les post instructifs. Les publications ayant un rapport avec le sexe s’arrachent des millions de Like sur les réseaux sociaux. Et certains n’hésitent pas à montrer leur corps, pour se faire de l’argent. Le cas de Mbaye Kouthia en est une illustration parfaite. Pour 200 000 FCfa, il a accepté de se masturber en live. Lui ne peut pas se dire victime», explique-t-il. Basile Niane, spécialiste en Tic et Directeur de Socialnetlink, confirme que beaucoup d’artistes font ces vidéos pour créer du buzz. «C’est une façon pour eux de faire du bruit et se créer du buzz. L’artiste qui a envie de se faire connaître peut faire des vidéos et envoyer à d’autres personnes. Et ces vidéos seront publiées en complicité avec des sites Internet ou des influenceurs. Avec le Net, il est plus simple d’être une star. C’est grâce aux réseaux sociaux que beaucoup de gens sont connus. Malheureusement, le Sénégalais aime la futilité et les artistes et autres en profitent pour faire du buzz», renchérit M. Niane. Et derrière cette reconnaissance, se voile une fortune. «A partir de là, tu peux te faire de l’argent parce que les sponsors vont t’approcher et tu fais des vidéos de gauche à droite pour te faire de l’argent, et cela devient un métier. D’un autre côté, le nombre d’abonnés et de vues grimpent en flèche. Avec Youtube par exemple, ce sont les abonnés et les vues qui donnent de l’argent», poursuit le spécialiste en Tic. 


«Les gens sont tournés vers des stratégies de survie selon la catégorie à laquelle ils appartiennent»
Pour le psychologue-clinicien Serigne Mor Mbaye, ils ne font que répondre à la demande d’une population totalement désemparée, qui regarde son nombril. «Nous sommes dans un pays du sauve-qui-peut. Les gens sont tournés vers des stratégies de survie selon la catégorie à laquelle ils appartiennent. Il n’y a pas besoin de moral ou de quoi que ce soit. Ils ne savent pas. C’est la loi de l’offre et de la demande. Le Sénégal, c’est un pays en situation d’urgence. A partir de ce moment, chacun y va de son tempo pour exister, pour survivre», embraie-t-il. 
Tange Tandian estime, par ailleurs, que d’autres sont, par contre, victimes de leur célébrité. Et c’est dans ce dernier tableau qu’il range les deux acteurs de la série Doudou et Ngor avec qui il se montre assez indulgent. «On peut les comprendre. Ils sont jeunes. Ils viennent d’intégrer le milieu. Ils ont du talent, mais ils manquent d’expérience. Ils devaient être encadrés par leurs supérieurs. Faute de conseil, ils ont été victimes de leur propre jeu de gamin. Ils ont été piégés par des jeunes de leur génération qui utilisent aujourd’hui leurs vidéos comme arme de guerre pour les détruire.» 
Le Directeur de SocialNetLinck, Basile Niane, évoque là une mauvaise connaissance de l’outil. «L’artiste peut ne pas comprendre le fonctionnement de l’outil. Il peut être en discussion avec une personne sur les réseaux sociaux qui publie ensuite sa vidéo compromettante. C’est la problématique de la cybercriminalité qui est le fait de tromper l’individu par un moyen de communication, notamment le téléphone ou l’ordinateur. Le dérapage arrive au moment où la vidéo est publiée et que l’artiste ne peut plus maîtriser l’évènement. On est alors obligé d’appeler à gauche et à droite pour le soutien. C’est un phénomène global pour tout individu qui utilise les réseaux sociaux. Le phénomène est plus présent chez les artistes parce qu’ils sont plus connus. Souvent, c’est un problème d’amour, d’infidélité, de vengeance», ajoute le spécialiste en Tic. 


«Celui qui s’expose nu ou montre ses parties intimes pendant une discussion vidéo, connaît le risque encouru»
Paco Jackson Thiam, un des jet-setters les plus connus dans le monde du showbiz, les met tous dans le même lot. «Celui qui s’expose nu ou montre ses parties intimes, même au cours d’une discussion vidéo, connaît le risque encouru. Ils ne peuvent aucunement se dédouaner ou parler de traquenard. Ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes.» Paco Jackson Thiam pense que ces actes ne sont que le reflet du manque d’éducation de leurs auteurs. Pis, «c’est la société sénégalaise qui n’a plus de retenue et de discrétion dans le comportement», déplore-t-il. 
Victimes ou responsables, selon le psychologue Serigne Mor Mbaye, ces auteurs ne démontrent, à travers leurs actions, que ce qu’est devenue la société sénégalaise. «Ce sont des gens qui émergent de la société sénégalaise et cette société actuelle n’est pas structurée. Elle ne sait pas où elle va. Elle n’a pas de repère ou a des repères tout à fait flous, extravertis. Ces gens-là n’ont pas un encrage culturel et ne connaissent pas les enjeux du monde. Comment voulez-vous qu’ils produisent quelque chose d’autres ? Ce n’est pas possible. Ils cherchent à exister à travers ce qu’il y a de disponible, rapide et pas coûteux, que sont les réseaux sociaux.» Il se désole de constater la manière dont Internet a accentué la société sénégalaise déjà en déliquescence. «Les postures les plus réactionnaires, les plus bêtes, peuvent trouver résonnance. Et les plus crétins ont leur place dans Internet. On peut tout dire, tout voir, tout lire. C’est cela aussi le risque de cette fenêtre qu’est Internet. Avant, il y a un contrôle de la société sur les individus. Aujourd’hui, il n’y a plus de contrôle. Leur imaginaire est nourri par ces réseaux sociaux à l’insu des parents. Les jeunes générations échappent à leurs parents. Il n’y a pas de projets d’éducation», poursuit le psychologue. 
Si, après coup, certains ont maîtrisé leur image à la perfection et en sont sortis plus célèbres et riches, pour d’autres, cela n’a pas franchement été le cas. Il y en qui se sont retrouvés avec une image ternie. A jamais… 
AIDA COUMBA DIOP

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Publié par

Namory BARRY

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