Crise scolaire : Ecole, les équations de la reprise

jeudi 24 février 2022 • 1053 lectures • 0 commentaires

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Crise scolaire : Ecole, les équations de la reprise

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Depuis plus de deux mois, l’école sénégalaise est en ébullition. Ces grèves cycliques et débrayages continus des enseignants ont fini par installer la psychose chez les élèves, surtout ceux en classes d’examen. L’Observateur a fait un tour dans certains établissements publics de la capitale pour tâter le pouls de ces potaches partagés entre angoisse et craintes pour leur avenir scolaire. Reportage !

De loin, sa tristesse et son mal être sont visibles. Elle est à bout de souffle. Son regard est vide. Impassible devant les vrombissements des moteurs de véhicules et au tintamarre aux alentours du Lycée Seydou Nourou Tall, Aïda Fall est comme dans un tourbillon sans fin. L’élève en classe de Terminale en série L2 est complètement déboussolée. L’angoisse et la consternation se lisent sur sa frimousse. Quand elle ouvre sa bouche, aucun mot ne sort. Encore moins d’expression. Vêtue de l’uniforme beige marron de son établissement, Aïda Fall est aujourd’hui dans l’effroi total. La jeune fille âgée de 18 ans a aujourd’hui peur pour son avenir. La grève des syndicats d’enseignants du Sénégal en est pour quelque chose. Voici maintenant plus de deux mois qu’elle n’a pas suivi de cours. Et comme pour se donner la force de parler de son calvaire, elle marque une pause, son torse se bombe tout d’un coup et se vide d’une violente expiration. Aïda étale son flot d’angoisses. «Je ne sais plus ce que je dois faire, je ne comprends plus rien. Cette situation est vraiment inédite, grave. Aujourd’hui, je doute de mon avenir», lâche Aïda Fall. Chaque jour, cette candidate au baccalauréat quitte la banlieue dakaroise, Keur-Massar, pour venir à l’école espérant pouvoir suivre normalement ses cours. En vain. Tous les efforts fournis au quotidien à la recherche du savoir sont sans succès. «Chaque jour, je me réveille à 6 heures du matin pour rallier l’école. Je fais tout ce trajet pour juste suivre une heure de cours. C’est décourageant à la fin». La mine serrée, la jeune fille poursuit : «Nous sommes loin de terminer le programme. Les cours n’avancent pas. Et, dans notre établissement, aucune disposition n’est prise pour pouvoir terminer les cours avant les examens. Le pire est que pendant que les enseignants du public continuent leurs grèves, nos camarades qui sont dans les écoles privées, n’ayant aucun retard dans leur programme, nous devancent. Ce qui fait mal est qu’il n’y a pas d’équité dans ce système éducatif.» Pour l’heure, l’élève en classe de Terminale s’organise avec d’autres camarades de classe dans des groupes de travail pour ne pas trop subir les impacts négatifs de cette grève qui perdure. Tout comme Aïda Fall, les élèves des établissements publics sont dans la tourmente, à cause de la perturbation de l’école sénégalaise. Malgré les propositions de l’Etat, les syndicalistes poursuivent le mot d’ordre de grève. Une situation qui risque d’impacter négativement les élèves en classe d’examen.

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«Nous sommes dans la psychose d’une année blanche, nous avons peur de ne pas terminer le programme»
Au lycée Seydou Nourou Tall, le portail qui était d’habitude assiégé, est aujourd’hui vide. Seuls une dizaine de potaches discutent en petits groupes. Devant la grande porte peinte en marron, un vigile engoncé dans une tunique bleue veille aux mouvements. A l’intérieur de l’établissement, quelques apprenants sont assis sur les bancs. Les classes sont toutes désertes. Exceptée une. Il s’agit d’une classe de Terminale L2. Ici, ils ne sont que quatre élèves concentrés à revoir leurs cours. Regroupés dans un coin de la salle, ces élèves révisent leurs cours de philosophie. Des fascicules et supports de cette matière dominante sont éparpillés sur les tables. Très à l’aise dans leurs tenues marron beige, ils sont soucieux de leur avenir. Ici, l’amertume est la chose la mieux partagée. Ces élèves ne savent plus à quel saint se vouer. Rokhaya Guèye, foulard bien noué autour de la tête, est dans l’incompréhension totale. Le débit haut, la mine déconfite, l’élève de Terminale confie, furax : «Depuis deux mois, aucun élève dans le public ne suit normalement ses cours. C’est une situation difficile pour nous.» Elle enchaîne : «Nous avons peur de ne pas terminer le programme à temps car, nous ne sommes pas à jour. Tous les élèves ont un projet d’avenir dans trois ans. Il est clair que nous ne sommes pas dans les dispositions de terminer les cours.» Pour la jeune fille, la situation est critique. «Il faut que l’Etat trouve un consensus avec les enseignants. Si nous faisons année blanche, c’est notre avenir qui risque d’en être ralenti. Chacun a des ambitions après l’obtention de son sésame. Déjà, nos parents ont placé tous leurs espoirs en nous. Si nous ne réussissons pas, qui va les aider?» Dans l’optique d’anticiper les cours, Rokhaya et ses camarades se sont organisés en groupes de travail. «Chaque jour, à chaque débrayage, nous effectuons des révisions dans nos groupes de travail. Et si nous finissons tôt, nous partons à la bibliothèque, car le temps presse», assure Rokhaya Guèye. Elle et ses amis estiment que si la situation se règle, les cours de rattrapage seront mieux qu’une prolongation de l’année. «S’ils prolongent l’année, on sera fatigué et on risque d’échouer aux examens car, nous ne serons pas trop concentrés. La meilleure solution est qu’ils décident de mettre sur pied des séances de rattrapage les mercredis, samedi et même dimanche. Cela, pour qu’on puisse terminer tôt le programme et que les examens se déroulent à date indiquée», embraye Aby Guèye. L’élève en classe de Terminale L’ poursuit : «Même si nous descendons chaque jour à vingt (20) heures, c’est bon. Personne ne sait quand la grève sera finie. Nous préférons prendre nos précautions.»

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«Cette grève s’impose à nous»
Au lycée Blaise Diagne de Dakar, le constat est pratiquement le même. Le grand établissement habitué à l’effervescence et au vacarme des apprenants est, en cette matinée, très calme. Pas l’ombre d’un élève, encore moins du corps professoral. Un silence sidéral règne dans ce lycée. Un vent léger et sec y souffle. A l’intérieur, un bâtiment de deux étages. Au rez-de-chaussée se dessine la salle des professeurs. Une fois le seuil de la porte franchi, l’endroit offre une ombre bienfaisante. Ici, une table basse et une dizaine de fauteuils bas disposés en rectangle font office de mobilier. Dans cette vaste salle, seuls trois professeurs sont assis. Derrière leurs ordinateurs, ils sont occupés. Omar Senghor fait partie des enseignants qui ont respecté le mot d’ordre de grève établi par leur syndicat. Fourré dans un habit traditionnel jaune, M. Senghor est professeur d’Anglais. Le débit haut, il explique la situation qui, pour lui, paraît désastreuse. «L’éducation est essentielle dans le développement d’un pays. Les enseignants sont les garants d’une bonne éducation. Il est clair que le gouvernement du Sénégal ne nous respecte pas, car s’il avait un minimum de considération pour ce corps, il allait respecter les accords signés depuis 2018. Mais, il ne l’a pas fait», confesse-t-il. Pour le professeur d’anglais, «l’Etat doit mettre à l’aise les enseignants pour qu’ils puissent se donner à fond». Aujourd’hui, l’état d’esprit des enseignants est d’aller jusqu’au bout de la lutte. «Nous pensons à nos élèves. Mais également, il faut qu’on pense à notre carrière. La grève n’est pas seulement liée aux problèmes de rémunération, mais surtout aux lenteurs administratives. Il faut que l’Etat respecte les accords. Enseigner est notre passion. Le fait de voir les élèves traîner ne nous plait pas. Mais cette grève s’impose à nous. Il faut qu’on lutte pour gérer nos familles. C’est une obligation», indique Omar Senghor. Son point de vue est partagé par son collègue Ismaila Diallo. Pour ce professeur d’Histoire et de géographie, la grève est indispensable. «Cette grève, on la fait malgré nous. On aimerait être dans les classes et dispenser normalement les cours. Mais, vu qu’on n’a pas le choix, on va lutter jusqu’au bout. Si on parvient à trouver un accord avec l’Etat, on retournera immédiatement dans les classes. C’est à l’Etat de décider». Pour cet enseignant d’une quarantaine d’années, le gouvernement doit être de bonne foi et jouer la carte de la franchise. 


«Des cours de rattrapage organisés dans certains établissements pour les classes d’examen»
Au Lycée Mixte Delafosse, le décor est le même. Dans cette structure, les enseignants respectent le plan d’actions des syndicats, mais une stratégie est mise en place par le proviseur pour aider les élèves en classes d’examen. «Pour pallier l’impact de la grève, des cours de rattrapage sont prévus. Il y a des professeurs, en dehors des heures de grève, qui s’investissent les mercredis, samedis et dimanches parfois, pour le bien des élèves en classes d’examen», assure le proviseur Abdoulaye Diouf. Qui poursuit : «Nous disons toujours à nos élèves que nos portes sont ouvertes pour les mercredis et les samedis parfois même les dimanches. S’ils veulent faire cours, ils peuvent venir à l’école. Je pense que les enseignants ont leur mot d’ordre de grève qui s’applique aux jours et heures ouvrables. Mais après, l’enseignant est libre de faire des cours de rattrapage des heures perdues», a fait savoir Abdoulaye Diouf. Après les grèves, le proviseur Diouf et ses collègues enseignants n’excluent pas d’accompagner les élèves avec des supports pédagogiques, comme les fascicules et aussi d’intensifier les heures. «Il y a d’autres pistes de réflexion, mais ce n’est pas notre rôle.  Les programmes pourront être allégés ou bien on peut faire reculer la date des examens», pense-t-il. Au lycée Galandou Diouf, les élèves des séries scientifiques suivent les cours de leurs matières dominantes tous les jours, même en dehors des heures ouvrables, comme les mercredis et les samedis. Malick Sène, proviseur dudit lycée : «Au niveau interne, nous avons parlé avec les enseignants qui ont des classes d’examen. Ils sont conscients d’avoir accusé du retard. Nous leur avons proposé des cours de rattrapage et ils ont accepté.»  


GREVE DES SYNDICATS D’ENSEIGNANTS : La validité de l’année scolaire en questions


La grève des enseignants du G7 perturbe le système éducatif depuis plusieurs semaines. L’Etat et les syndicalistes butent toujours sur des points de désaccords. Une situation qui entrave fortement le quantum horaire et qui laisse planer le doute sur la validité de l’année scolaire en cours. 
L'incertitude s'installe. L’inquiétude grossit face à l'avenir de l’année scolaire 2021-2022. Marquée par plusieurs semaines de perturbations liées à des grèves déclenchées par les syndicats du G7, pour amener le gouvernement à appliquer le protocole d’accord signé en 2018 avec les syndicats d’enseignants, la validité de l’année scolaire est mise à rude épreuve. Le G7 qui maintient toujours son mot d’ordre de grève devait rencontrer aujourd’hui l’Etat après avoir discuté avec sa base. Mais, la rencontre a été reportée jusqu’à demain vendredi par l’Etat. Les enseignants qui en sont à leur 10e plan d’actions revendiquent, entre autres, la correction du système de rémunération, le respect du protocole d’accord de 2018, le relèvement du montant de plusieurs indemnités. Le spectre d'une année invalide s'établit sérieusement. Une situation assez critique qui fait basculer les élèves, du moyen secondaire surtout, vers un avenir incertain, avec le quantum horaire qui se trouve très entravé, des évaluations du premier semestre sur l’étendue du territoire national qui n’ont pas été faites dans certaines inspections d’académie. 


«Les pertes tournent autour de 250 à 300 heures de cours sur les 1270 prévues en début d’année»
Un constat qui laisse présager une situation pour le moins catastrophique, si la grève se poursuit après la rencontre de vendredi prochain et qui appelle plusieurs interrogations. Quel est le nombre d’heures de cours perdu ?  Est-il possible de rattraper ce temps perdu? «Nous avons évalué les 10 plans d’actions et les pertes tournent autour de 250 à 300 heures de cours sur les 1270 prévues en début de l’année. Ça veut dire qu’on commence à entrer dans la zone critique, la zone rouge», évalue le Directeur exécutif de la Coalition nationale sénégalaise pour la défense de l'éducation (Cosydep), Cheikh Mbow. Depuis le début de la grève, il est aux aguets pour suivre la moindre évolution. Selon lui, l’année scolaire est aux urgences et il est temps d’agir. «D’habitude au Sénégal, on était autour de 700 ou 750 heures effectives par an, donc si nous perdons 300 heures sur les 1270, il y a urgence à reprendre les cours, autrement, on va entrer dans la rouge. C’est le moyen secondaire public qui est particulièrement perturbé. Ça pose problème. Jusque-là, c’est encore gérable, mais ça commence à être limite.» Au cœur de la grève, Saourou Sène, Secrétaire général du Saemss (Syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire du Sénégal), dédramatise. Le syndicaliste estime qu’il n’y a pas encore péril en la demeure. «En 2018, nous avons fait la grève jusqu’en avril. Nous avons signé le protocole d’accord le 30 avril. Là, nous sommes au mois de février. Si les autorités font l’effort de régler le problème dès ce mois-ci, il n’y a pas péril. On peut faire du rattrapage. Le ministère de l’Éducation nationale a des techniciens et des planificateurs qui peuvent indiquer une possibilité de prolongation de l’année, quand la situation s’imposera. En 2018, nous sommes allés jusqu’au 30 avril et les examens ont été tenus», rappelle-t-il. Comme pour dire que l’année scolaire n’est pas menacée. Un rappel qui ne semble pas convaincre le président de la Coalition nationale pour l'éducation pour tous du Sénégal. Siley Gorbal Sy estime que la grève doit impérativement s’arrêter si on veut sauver l’année. «Il n’y a pas péril à condition que la grève s’estompe. Nous avons perdu beaucoup de temps avec ces grèves. Le quantum horaire est menacé et commence à être affecté. Les élèves qui font le baccalauréat sont ceux qui ont perdu beaucoup de temps avec le Covid-19. Ils étaient en seconde en 2020 et ils avaient perdu beaucoup d’heures», avise-t-il.  


«Il faut des cours de renforcement, jouer sur les fêtes scolaires et un petit prolongement du calendrier scolaire»
300 heures de perdues pour une année scolaire, cela dit que les élèves sont très en retard dans leur programme. Il faudra certainement y remédier pour qu’ils soient à jour. Comment ? Cheikh Mbow de la Cosydep : «Dans l’histoire du Sénégal, on a eu plusieurs cas : un prolongement de l’année scolaire de quelques jours, jouer sur les fêtes scolaires, avoir un dispositif de renforcement à l’école. Si on arrivait à suspendre ces perturbations après la rencontre du vendredi, le Sénégal aura les armes, les outils pour pouvoir combler et avoir un minimum parce qu’il faut le rappeler, les enfants qui sont aujourd’hui en classe d’examen étaient dans les classes intermédiaires pendant le Covid, donc ils avaient perdu 4 mois. Ils avaient besoin d’avoir un temps conséquent qui dépasse même les 900 recherchées par les autres. Il y a eu un cumul de pertes de quantum horaire. C’est compliqué, mais c’est encore gérable, si on arrive à stopper cette grève après la rencontre du vendredi.» Siley Gorbal Sy s’engouffre dans la même brèche. «C’est faisable si la grève s’estompe dans les meilleurs délais, le plus rapidement possible, insiste-t-il. Surtout que les enseignants, ceux qui ont les classes d’examen puissent accepter d’organiser des cours de rattrapage. En rapport avec les élèves, ils peuvent le faire avec les heures qu’ils n’occupaient pas, parce que chaque enseignant en fonction des disciplines a eu un certain nombre d’heures dans la semaine, ils peuvent augmenter ces heures pour pouvoir combler les lacunes. Il y a des élèves qui demandent que les dates des examens qui sont déjà retenues soient reportées parce qu’ils pensent qu’ils ne pourront pas terminer le programme.» Leurs inquiétudes sont partagées par Abdoulaye Fanné, président de l’Union Nationale des Associations de parents d'élèves et d'étudiants du Sénégal (Unapees). Il regrette : «Le constat est là. Tout le monde a déploré cette situation de grève persistante. On ne sait pas à quel moment cela va se terminer. L’impact sur le système éducatif, c’est le quantum horaire qui a été largement entamé. Nous sommes très inquiets, mais nous pouvons être rassurés dans la mesure où les situations précédentes se sont déroulées et particulièrement en début de pandémie. Nous avons confiance aux enseignants, au ministère de l’Education parce qu’ils ont mis en place un comité pédagogique qui est composé d’experts en éducation et ils ont eu à allonger l’année pour permettre aux apprenants de pouvoir rattraper le gap. Il y aura des conséquences. Ce qui peut nous rassurer, c’est que cette grève-là prenne fin.»


«Allégement du programme, le oui-non des acteurs»
Après la grève, il faudra, selon Cheikh Mbow, voir comment alléger le programme. «A l’heure du dénouement, les examens ne tiendront pas compte de ceux qui ont eu un temps conséquent et de ceux qui avaient été perturbés, ce qui est une injustice, une iniquité par rapport à l’évaluation. Nous sommes en train de consommer le temps qui était prévu et il y a urgence à ce qu’il y ait un dénouement sinon, on va entrer dans la zone critique. Si les deux parties s’entendent vendredi, nous avons l’expérience, parce que le Sénégal est malheureusement habitué à sauver des années. On frôle la zone rouge. On peut alléger le programme. Durant le Covid, nous avions eu à revoir un peu le programme. C’était une demande même sans le Covid parce qu’on sait que le Sénégal fonctionne sous ce qu’on appelle l’encyclopédisme, c’est-à-dire qu’il y a un bourrage des enfants qui apprennent beaucoup trop de choses.» Un avis que ne partage pas Siley Gorbal Sy qui est contre tout allégement du programme. «Je ne suis pas pour qu’on allège le programme. Nous prônons l’éducation pour tous, mais une éducation de qualité. Ça a des conséquences négatives sur le niveau des élèves. Nous pensons qu’il faut des cours de rattrapage et de renforcement. Les élèves du privé suivent le programme normalement donc, il ne faudrait pas faire vivre aux élèves du public une injustice», dit-il. L’injustice serait pour Abdoulaye Fanné de laisser le système tel quel, sans chercher à anticiper sur les perturbations. «Il faut que des efforts soient entrepris au niveau des établissements scolaires. Avec la pandémie, il y avait même des cours en ligne qui se faisaient. Cette situation de grève devrait nous permettre de tirer des enseignements pour éventuellement essayer de prendre en compte cette alternative qui est d’apprendre à l’école à travers l’Internet et les Tic. On ne peut plus se permettre que tout soit arrêté. Si on n’y prend garde, le système éducatif sera régenté de manière définitive par les enseignants à travers des grèves. Il faudra trouver des alternatives pour pouvoir corriger à chaque fois qu’il y a des grèves», avise M. Fanné.


ABDOULAYE CISSE, PLANIFICATEUR A L’INSPECTION D’ACADEMIE DE DAKAR : «Prolonger l’année, organiser des cours les samedi, augmenter le quantum, réduire les fêtes qui vont venir et alléger le programme»


Planificateur à l’Inspection d’académie (Ia) de Dakar, Abdoulaye Cissé donne la recette pour sauver l’année scolaire avec les menaces sur le quantum horaire.


Rattrapage du temps perdu ? «Il faut d’abord voir le programme, ce qui a été déjà fait et voir s’il y a une possibilité de prolonger l’année, organiser des cours les samedi, augmenter le quantum, réduire les fêtes qui vont venir et voir éventuellement, si on peut alléger le programme. Si on va vers la fin de l’année, à un mois ou un mois et demi, mettre l’accent sur les classes d’examen, comme on l’a fait pendant la période de Covid-19. Les professeurs vont venir en renfort pour rattraper les cours.»


Conséquences sur le niveau des élèves ? «C’est sûr que cela va impacter le niveau des élèves. Déjà, ils ont eu un retard pendant la période du Covid-19 et ce retard les suit. Cette année, le nombre de jours de fête a été diminué. La période de fête qui prenait 15 jours a été réduite à une semaine ou 10 jours maximum. Les gens doivent tenir en compte ce retard-là qui vient s’accumuler à un retard précédent et voir comment éviter des perturbations futures. Nous espérons que ces grèves ne vont pas être renouvelées et voir comment prolonger l’année. On ne peut faire que ça. Il faut aussi alléger le programme qui est déjà très lourd. Il faut même l’alléger de manière définitive, mettre l’accent sur les choses essentielles.» 


«Le problème, c’est qu’il y a des élèves qui veulent aller à l’étranger qui veulent faire leurs examens pour pouvoir s’inscrire à temps»


Gérance de l’équation des écoles privées ? «C’est vrai qu’ils (les élèves) sont un peu fatigués, mais c’est tout bénéfique pour eux. Ils auront largement le temps de réviser. Le programme est lourd. S’ils ont encore un peu de temps pour réviser davantage, c’est un bénéfice pour eux. Le problème, c’est qu’il y a des élèves qui veulent aller à l’étranger qui veulent faire leurs examens pour pouvoir s’inscrire à temps. Il y a toute une gymnastique à faire. Les inspecteurs d’académie ont fait des propositions pertinentes avec l’aide des chefs d’établissement. La réflexion est toujours en cours. On est en train de réfléchir au niveau local avec les chefs d’établissements et on espère des propositions pertinentes et intéressantes. On est en train d'attendre la réaction des uns et des autres.» 


AICHA GOUDIABY & SERIGNE SALIOU YADE, CODOU BADIANE

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Publié par

Namory BARRY

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