Découverte - Orchestre "Jigeen Ni" : Symphonie féminine

jeudi 18 novembre 2021 • 246 lectures • 0 commentaires

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Découverte - Orchestre \

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Comme les cinq doigts de la main, elles sont inséparables. La pianiste et cheffe d’orchestre Khady Dieng, sa sœur aînée Aïssatou Dieng (batterie), Evora Vaz à la guitare basse, Réma Diome (guitariste) et Ndèye Cissé «Yaye Fall» (percussion), forment ensemble l’orchestre «Jigeen ñi», un quintet uniquement composé de femmes. Une grande première sous nos cieux. Ce projet inédit est né de la volonté de Samba Diaité, leur manager.

Les «drôles de dames» proposent ainsi leurs talents pluriels pour accompagner des artistes qui n'ont pas d'orchestre. Depuis 2018, elles ont enrichi le paysage artistique avec une musique limpide, chargée de sensations, qui surfe sur les univers du jazz, du blues, du reggae, de l'afro et même du mbalakh. Née dans un environnement sénégalais essentiellement constitué d’hommes, «Jigeen ñi» se veut être un exemple d'engagement pour la cause féminine, une voie de sensibilisation sociale. Avec cinq singles à leurs actifs, leur tout premier album de 14 titres sera dans les bacs ce 19 novembre.

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NDEYE CISSE : un talent à percussion 
Elle est la touche particulière du groupe et de loin la plus âgée des cinq. Percussionniste et chanteuse, Ndèye Cissé alias «Yaye Fall» est aussi, l’une des dernières à avoir intégré l’orchestre. Cependant, parmi les cinq instrumentistes, elle peut se prévaloir d’une expérience d’une quinzaine d’années dans le milieu artistique. Ex-membre du groupe « Djimbé Rythme» de Guédiawaye, elle a d’ailleurs accompagné Youssou Ndour en 1998, lors d’une tournée internationale, ainsi que Waly Seck lors de son spectacle à l’Arena Tour de Genève. Avec un style propre à elle, Ndeye Cissé a su tirer son épingle du jeu. Issue d’une grande smala de griottes, Ndeye s’est très tôt initiée aux percussions. « Depuis toute petite, j’ai été passionnée par les tam-tams. En compagnie de mes frères, je jouais des instruments», explique la dame. Pourtant, ses débuts ont été très difficiles. Socialement, au Sénégal, les femmes artistes se sentent souvent marginalisées. Elles sont considérées comme des femmes de mœurs légères. «Au début, c’est toujours compliqué. Il y a chaque fois un ou des membres de la famille, quand tu fais de l’art, qui font penser que ce n’est pas bien. J’avais d’énormes difficultés pour imposer mon choix. Maintenant, ça va, ils ont fini par se rendre compte que ce n’est ni plus ni moins que du boulot». Talent et abnégation en bandoulière, elle a rejoint l’orchestre «Jigenn ñi» en 2018. «C’est lors d’un concert que le manager, Samba Diaité, m’a contactée. Il avait vu mon potentiel et m’a demandé mes vidéos que je lui ai montrées. Aussitôt après, il m’a proposé d’intégrer le groupe. Chose que j’ai acceptée sans hésiter», sourit la percussionniste. Depuis, Ndeye Cissé poursuit son chemin avec l’orchestre. Sur scène, la «Yaye Fall» dirige. Très à l’aise derrière ses instruments de percussion, l’ambianceuse de «Jigenn ñi » est l’une des valeurs sûres du groupe, pour ne pas dire le socle.  Avec sa bonhomie, elle répand sa joie de vivre, partout où elle passe.     

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AISSATOU DIENG : une bassiste aguerrie    
 Sur scène, c’est une véritable boule d’énergie. Aissatou Dieng fait partie des artistes féminines qui jouent de la batterie. En concert, la jeune fille fait trembler les murs avec son groove, ses changements de mesure et ses accords polyrythmiques. Elle utilise la batterie pour donner la cadence car, elle la considère comme un instrument dynamique. Depuis toute petite, Aissatou nourrissait une passion pour l’art en général et la batterie en particulier. Il faut le dire, Aissatou incarne l’héritage de son père pianiste, feu Safihou Dieng, sergent-chef de l’armée sénégalaise et qui a officié dans la musique principale des Forces armées. «J’ai grandi dans le milieu musical. Depuis mon enfance, je prenais part aux répétitions de mon père avec les yeux remplis d’admiration. A sa mort, je me suis dit que je devais prendre le flambeau afin qu’il soit fier de moi». Et pourquoi la batterie ? « C’est bien connu, le milieu de la batterie est souvent associé aux hommes. Je n’ai pas choisi cet instrument, c’est la batterie qui m’a choisie. Quand j’allais voir les lives band au Just for 4 avec Habib Faye ou Vieux Mac Faye, bizarrement, j’écoutais plus la batterie et la basse que les autres instruments. Le fait de la pratiquer est venu au feeling », explique t-elle. Diplômée en Maintenance Informatique, c’est par l’entremise de sa petite sœur, Khady Dieng, qu’elle a intégré l’orchestre «Jigeen ñi». «J’étais à la maison et le manager qui était l’ami de ma grande sœur m’a expliqué le projet. Puisque cela me semblait intéressant, j’ai accepté afin d’acquérir de l’expérience», raconte-t-elle. Avant, Aïssatou a peaufiné son art vocal et perfectionné sa pratique instrumentale pendant quatre ans, de 2009 à 2012, avant de rejoindre une école d’harmonie et de musique, pour ensuite investir le domaine de la recherche musicale. Véritable tueuse à la batterie, elle est connue pour ses compétences techniques. Son style est loin d’être simple. Bien au contraire, elle se distingue par son expression, sa puissance et son rythme. Un talent qui fait d’elle l’une des virtuoses de l’orchestre «Jigenn ñi».  


KHADY DIENG : Doigts de fée
C’est la cheffe d’orchestre du groupe. Khady Dieng mène la danse. Pianiste, sa pratique musicale requiert une exigence, une rigueur et une ténacité à chaque instant. Quand elle caresse avec la finesse de ses doigts son instrument, Khady est dans une quête incessante de perfection technique, sonore et artistique. Sur scène, son jeu ne souffre d’aucun écart. Khady Dieng, pianiste et cheffe d’orchestre diplômée également en Maintenance Informatique, avait déjà pris goût à cet instrument depuis sa tendre enfance. L’amour du piano lui a été transmis par sa figure paternelle. Un grand pianiste, feu Safihou Dieng. «Lorsque papa jouait du piano à la maison, j’avais des frissons. J’aimais l’entendre pratiquer cet instrument. Et, c’était un rêve de devenir comme lui. J’ai joué du piano pour rendre hommage à un père formidable» confesse la cheffe d’orchestre. Le piano pour elle, est dans le sang. L’instrument l’a toujours attirée à travers ses mélodies. Et c’est dans la répétition infinie des traits et l’écoute infime de chaque inflexion que se développe son art. Artiste dans l’âme, la jeune pianiste a partagé des scènes avec le groupe Takeifa, mais aussi avec sa sœur Korka Dieng et le chanteur-batteur Pape Niang. C’est par la suite qu’elle a intégré l’orchestre «Jigeen ñi», par l’intermédiaire d’un ami. «Un jour, Joe m’a dit que le manager Samba Diaité cherchait une pianiste femme, qu’il voulait mettre sur pied un orchestre composé uniquement de femmes. Cela m’a paru intéressant, j’ai accepté». Très engagée dans la lutte pour le respect des droits de la femme, Khady Dieng veut, avec son art et son groupe, s’imposer et convaincre, de la possibilité d’allier pleinement une vie de femme et une carrière musicale aboutie.


Réma Diome : Guitare solo  
Son jeu impressionne les plus grands : sa précision, sa chaleur et son émotion. La variété de son répertoire donne une dimension inégalable à chacune de ses prestations. C’est à croire que c’est génétique chez elle. Pourtant, dans sa fratrie, «personne ne s’est jamais essayé à la musique, encore moins aux instruments», lâche-t-elle. Après l’obtention de son Bfem, elle a intégré l’école de Beaux-Arts en 2013. Cinq ans après, elle obtient son diplôme d’art scénique avec comme spécialité, le Solfège. Elle assure la guitare solo au sein de l’orchestre. Juste après sa sortie de cette école prestigieuse, Réma fit fortuitement la rencontre du Manager Samba Diaité lors d’une prestation à Douta Seck. «C’était en 2018. Et, quand Samba m’a entendu jouer, il était comme ébloui par mon talent. Quand je suis descendue de scène, il m’a prise en aparté et expliqué son projet. Etant donné que depuis toute petite, je me battais pour le droit des femmes, j’ai décidé d’intégrer le groupe», se remémore la jeune pianiste. Sur scène, l’instrumentiste mêle dans ses interprétations une sensibilité fine, une apparente tranquillité apaisante et une excellente technique. La passion indubitable qui la lie à son instrument est visible à mille lieues. Autant de qualités qui lui permettent de jouer un air unique et d'en restituer toute l'élégance. A travers sa guitare, elle veut rendre hommage à toutes les femmes. «La musique laisse parfois peu de place aux femmes. Sélective comme l’est le monde du travail, elle accorde des statuts privilégiés aux musiciens en oubliant les musiciennes de talent. Et, c’est ce que nous voulons changer»… 


Evora Vaz : Une bassiste d’exception.  
C’est la dernière recrue du quintet. Le talent d’Evora a fait mouche. Bassiste de l’orchestre, son amour pour la basse remonte au temps où elle n’était encore qu’une enfant. Elle ne cessait de mimer les sons de la basse et de la batterie en écoutant de la musique. «Toute petite, quand je faisais le ménage, je mettais de la musique. Plutôt que de me concentrer sur les paroles, je mettais toute mon attention à la basse» se rappelle-t-elle. Après une formation de quatre ans (2015-2018) à l’Ecole nationale des Arts, elle parvient à se familiariser avec son instrument de prédilection. «C’est particulièrement mon professeur Moustapha Cissé qui m’a appris à jouer. J’avais peur de jouer de cet instrument, il m’a aidé à avoir confiance en moi et m’a montré comment faire les accords. Je faisais des cours à l’école et même chez lui», dit-elle. Evora a plusieurs cordes à son arc. Chanteuse d’exception, polyvalente, maniant la basse avec virtuosité, elle a également une culture musicale riche et un gros potentiel en matière de composition et d’improvisation. La jeune artiste a comme qui dirait tout pour elle. Ainsi, après avoir intégré le groupe «Jamm-Ji», formé par ses promotionnaires de l’école des Beaux-Arts, la bassiste fera la rencontre de Samba Diaité par l’entremise d’un ami. Et après plusieurs discussions, elle décide d’adhérer au projet. Sur scène, Evora Vaz est capable de jouer de tous les styles avec brio. D’apparence très timide, sur un podium, la guitariste se déchaîne complètement avec ses dreadlocks…  
AICHA GOUDIABY

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Publié par

Namory BARRY

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