Dialogue direct avec la jeunesse : Macky emploie le bâton

vendredi 23 avril 2021 • 302 lectures • 0 commentaires

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Dialogue direct avec la jeunesse : Macky emploie le bâton

Le chef de l’Etat, Macky Sall, qui a présidé hier, le Conseil présidentiel pour l’insertion et l’emploi des jeunes, a livré ses plans de résolution de la problématique de l’employabilité des jeunes.

Le dialogue a été direct. C'était un débat sans filtre. Durant près de 10 heures, le président de la République, Macky Sall a été à l’écoute de sa jeunesse. Une jeunesse «désœuvrée» venue des 14 régions du pays et de la diaspora pour se faire entendre. Le Centre international de conférences Abdou Diouf (Cicad) de Diamniadio qui a accueilli hier, le Conseil présidentiel sur l’insertion et l’emploi des jeunes était trop exigu pour contenir tout ce beau monde venu répondre à l’appel du président le République. Devant le chef de l’Etat et sa task-force, la jeunesse a listé ses plaintes et complaintes. Constituée de plus de la moitié de la population du pays, cette jeunesse qui déverse chaque année plus de 200 000 diplômés sortis des universités et des écoles de formation dans le marché de l’emploi, cherche des repères. Non seulement pour mener des actions qui contribuent à l’amélioration des conditions de vie des citoyens afin de bâtir des communautés solidaires et redonner confiance aux citoyens pour un développement durable, mais également pour restaurer une justice sociale et un Etat de droit. Un appel qui a trouvé un écho favorable auprès du chef de l’Etat. Soucieux des difficultés et des préoccupations de sa jeunesse, le Président Macky Sall promet d’y apporter des réponses. Et c’est le ministre de l’Economie et du Plan, Amadou Hott qui dévoile le plan guerre du chef de l’Etat pour lutter contre le chômage et le désœuvrement de la jeunesse. D’après le ministre de l’Economie chargé d’élaborer le Programme d’urgence d’insertion et de l’emploi des jeunes, chaque année, plus de 200 000 jeunes viennent sur le marché de l’emploi et aujourd’hui, 1,5 million de jeunes ne sont dans aucun dispositif ni d’éducation, ni de formation, ni d’emploi. C’est donc un défi majeur. Mais, pour le ministre de l’Economie, Amadou Hott, tous ces défis sont pris en compte dans le Plan Sénégal émergent (Pse) qui est le seul référentiel de la politique économique et sociale du Sénégal lancé en 2014 par le Président Macky Sall. «Grâce au Pse, nous avons pu réaliser des taux de croissances exceptionnels entre 2014 et 2018. Le président de la République a beaucoup fait entre 2010 et 2020. Plus de 540 milliards FCFA sont investis dans des programmes de jeunesse et d’accompagnement des jeunes. Et cela n’implique pas les fonds investis dans l’éducation, l’enseignement supérieur… La Président a décidé de mettre en place ce programme pour aller au delà de ce qui a été fait», confie le ministre.


«10 milliards FCfa pour la confection des tenues des élèves par les tailleurs sénégalais»
Dans ce programme d'urgence, le ministre de l’Economie a fait savoir que le Gouvernement cherche à accélérer la création d'emplois, de l’auto-emploi, d’élargir la formation professionnelle, de pérenniser le dialogue lancé hier, entre les jeunes, l’Etat et le secteur privé, de promouvoir les investissements prioritaires créateurs d’emplois pour mieux galvaniser l’économie. Amadou Hott : «Le programme est axé sur l’apprentissage, la formation professionnelle, la création d’emplois avec des recrutements immédiats de 65 000 jeunes dans l’agro-industrie. Dans l’emploi, ce sont des recrutements spéciaux avec des salaires payés à des jeunes pour faire des travaux d’intérêt communautaire. Avec la convention Etat-employeur portée à 15 milliards FCFA, nous visons au moins 15 000 emplois dans le secteur privé. L’Anida (Agence nationale d'insertion et de développement agricole) va aussi porter un budget global de 24 milliards FCfa, créer 25 950 emplois pendant les trois ans. Dans le cadre de la formation et de l’apprentissage, nous proposons de former 30 000  jeunes – essentiellement des talibés et déscolarisés qui n’ont aucune formation – plus les 3 300 jeunes diplômés du Pse/Jeunes pour un budget qui passe de 300 millions à 1,5 milliard FCFA, chaque année. Dans la formation professionnelle, ce sera 40 000 jeunes, dont 20 000 chauffeurs de taxis et bus et 20 000 autres jeunes dans les métiers porteurs. Le reste du financement sera de l’autonomisation et l’entrepreneuriat avec un volet nano crédit qui peut aller de 10 000 à 300 000 FCfa. Il y a également l’appui à d’autres secteurs. Sur ce point, nous allons rendre obligatoire la tenue scolaire dans le préscolaire et l’élémentaire. Ce qui fait que 10 milliards FCFA sont proposés pour subventionner les tailleurs pour la confection des tenues des élèves. Donc, c’est 91 000 emplois, dont 65 000 de recrutement, plus 25 950 de l’Anida, plus 73 300 de l’apprentissage et de la formation, plus 353 300 dans l’auto-emploi. Au total, nous avons un portefeuille de 14 projets pour 186 000 emplois directs».


Macky fixe la tolérance zéro à ses équipes
Face à cet ambitieux programme, le Président Macky Sall demande à son équipe gouvernementale de renforcer la coopération et de travailler avec célérité pour atteindre les objectifs. Dans ce cadre, le Président Sall annonce le début du recrutement de 60 000 jeunes au mois de mai prochain. Pour Macky Sall, ce sera un recrutement transparent et il y a un quota spécial pour l'enseignement préscolaire. Macky Sall qui a validé le programme d’urgence pour l’insertion et l’emploi des jeunes, a instruit son gouvernement de finaliser le projet avant le 30 avril prochain. Il a demandé au ministre des Finances de diligenter les mécanismes de financement. Il a exigé à tous les ministères et les directions concernés par le programme de travailler en synergie pour sa réussite. Macky Sall : «J’ai demandé aux ministres de l’Economie et des Finances de proposer des projets de contrat de performance que l’Etat signera avec les structures indiquées dans l’exécution du programme d’urgence, selon une gestion axée sur les résultats. Cela veut dire que la Der, l’Anpej, le 3Fp, l’Anida, tous ceux qui vont intervenir dans ce programme devront signer un contrat de performance très clair avec des objectifs fixés. Je me suis engagé devant la Nation et la jeunesse nationale, donc ce sera la tolérance zéro. Il n’y aura aucune exception et les mesures doivent être mises en mode fast-track. Il n’y a pas de temps à perdre et je tiens à la mutualisation des moyens d’intervention.» Voilà qui est dit.
FALLOU FAYE

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Publié par

Namory BARRY

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