Doudou Kâ : "S'il y'a escalade de la violence, c'est que Sonko l'aura voulue"

mardi 12 octobre 2021 • 1202 lectures • 0 commentaires

Politique 1 mois Taille

Doudou Kâ : \

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Au début, il y a un protocole d’interview. Un questionnaire uniquement porté sur les activités aéroportuaires. Point de politique. Mais, hier soir, une terrible nouvelle est venue de Ziguinchor, parlant d’affrontements sanglants entre militants de Doudou Kâ et de Ousmane Sonko. Face à cette actualité brûlante, L’Observateur a décidé de relancer le responsable politique de l’Apr sur ces évènements-là.

Après quelques petits soucis liés au réseau téléphonique, Doudou Kâ qui a été finalement joint, tard dans la soirée, a accepté de livrer sa version des faits.

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Nous venons de voir des scènes de violences ignobles à travers des images prises à Ziguinchor et postées sur les réseaux sociaux. Selon les commentaires, vous seriez le commanditaire d’une attaque d’un convoi de Ousmane Sonko à Boucotte. Que s’est-il réellement passé ? 
C’est encore du Ousmane Sonko tout fait. Je suis à Ziguinchor depuis quelques jours dans le  cadre de mes activités politiques et sociales. En chemin, on m’a appelé pour me dire que M. Ousmane Sonko n’a rien trouvé pour se faire une publicité que de venir vers 17 heures prétendre faire une rencontre politique devant mon domicile à Boucotte. Ce n’est même pas à côté, ni à gauche ou à droite, mais devant mon domicile.

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Pourtant, selon nos informations, Sonko était au siège de l’Unacois pour répondre à une invitation? 
Il est venu au siège de l’Unacois qui se trouve par hasard en face de mon domicile, tout en sachant que mes militants étaient déjà sur le terrain. Ousmane Sonko savait très bien que ce siège est en face de mon domicile et que je suis là depuis quelques jours. Quand je suis à Ziguinchor, mon domicile est bondé de jeunes de mon quartier. Il a fait exprès de venir provoquer les jeunes qui étaient en train de prendre du thé et de discuter devant ma maison. Ils (les jeunes) lui ont demandé ce qu’il faisait là-bas avec 5 véhicules et 9 gardes du corps armés. Ils ont pensé qu’il était venu faire la bagarre parce qu’ils ne pouvaient pas comprendre qu’il débarque comme ça avec 9 hommes hyper armés devant chez-moi. Ils les ont provoqués comme ils savent le faire. Si je n’avais pas donné les instructions nécessaires aux jeunes qui étaient près de 100, ils allaient en découdre avec les gardes du corps de Ousmane Sonko. Je leur ai demandé de se calmer. C’est au moment du départ de Ousmane Sonko que les jeunes ont jeté des pierres parce que ses gardes du corps avaient commencé à les matraquer et à tirer à balles réelles. Les jeunes se sont énervés. On a eu plusieurs blessés, mais je ne me suis pas empressé d'écrire sur les réseaux sociaux pour me victimiser en montrant des photos et des vidéos. On vient de me dire qu’il (Sonko) est présentement aux urgences, alors que les jeunes n’ont même pas touché à ses cheveux.


Est-ce que l’excuse de la provocation saurait tenir, si l’on sait que Sonko était à Boucotte pour répondre à une audition de l’Unacois…
Une audition de Ousmane Sonko par l’Unacois devant chez Doudou ka. Devant notre résidence familiale qui ne désemplit pas. Encore une fois, depuis 4 jours, les jeunes y sont. Ils dansent le Jambado, chantent etc. Comment dans ces conditions, peut-on auditionner quelqu’un. Soyons sérieux. Le problème est que Ousmane Sonko était là depuis 3 jours, personne n’a parlé de lui. Ils savent que c’est Doudou Ka, le candidat le mieux placé, celui que les Ziguinchorois veulent élire maire et il fallait à Sonko un coup d’éclat. Ils sont venus nous provoquer pour se positionner en victimes. J’ai tenu à dire à mes jeunes de se calmer, de ne pas répondre à la provocation. Si on n’avait pas calmé les jeunes, cela ne se serait pas limité à ces quelques blessés. 


Vous parlez de tirs à balles réelles. Est-ce qu’il y a des gens qui ont été atteints ? 
Ils ont tiré en l’air. Et c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. C’est ce qui a amené les jeunes à lancer des pierres. Comment on peut répondre à une audition et se balader avec 9 gardes du corps armés ? 


C’est peut-être par souci de sécuriser sa personne et son cortège ? 
On s’est rencontré plusieurs fois ce week-end et il ne s’est rien passé. Plusieurs fois, nos convois se sont croisés. Il y a jamais eu de problème. Mais il est venu exprès pour nous provoquer. Il lui fallait du buzz, il a eu. Maintenant tout le monde parle de cet incident. Ça, c’est du Ousmane Sonko. Rien de tout ce qu’il rapporte n’est vérité. Les jeunes lui ont dit, en chantant, d’aller voir ailleurs. Qu’il aille chercher d’autres militants parce qu’ici (à Boucoutte), c’est le fief de Doudou kâ. Le ‘’Jambato’’des jeunes était en direct sur Facebook pendant presque trois heures de temps. Ils étaient au courant. 


Ne craignez-vous pas de représailles, une escalade de la violence à Ziguinchor qui a besoin de tout sauf ce qu’on a vu hier soir sur les images postées sur les réseaux sociaux? 
S’il y a escalade, c’est que Ousmane Sonko l’aura voulue. Ce serait un crime prémédité. Je ne suis pas allé chez lui. C’est lui qui est venu me trouver devant chez-moi. Quand il était à l’aéroport, mes services l’ont accueilli. Ils l’ont ramené dans son véhicule, en compagnie de son service de sécurité. On est pratiquement voisins à un de mes domiciles à Ziguinchor, mais je n’ai jamais usé de provocation. Mais, lui n’a rien trouvé d’autre que de venir en face de notre domicile familial pour une audition alors que les jeunes y étaient en masse. Si Ousmane Sonko l’a fait, c’est à dessein, comme par habitude. C’est une stratégie. C’est dans la violence qu’il veut mobiliser les jeunes du Sénégal. 


Depuis quelque temps, on parle beaucoup de la plateforme aéroportuaire de l'AIBD, surtout du hub aérien. Pouvez-vous revenir sur la transformation actuelle de l'aéroport ? 
Le parachèvement du transport aérien au Sénégal se traduit par la construction et la mise en exploitation de l’Aéroport International Blaise Diagne. Depuis la validation de la stratégie « AIBD Hub Aérien et Touristique 2021-2025 », notre plateforme aéroportuaire est en constantes mutations pour intégrer les innovations du secteur. Contrairement à l’année 2020 qui a assisté à l’effondrement du transport aérien de passagers, l’année 2021 fournit un espoir avec la reprise des liaisons aériennes corrélées à l’accroissement important du trafic. A ce jour, notre aéroport est relié à beaucoup de grandes villes africaines, européennes et américaines. Face à cela, une transformation numérique, par le biais d’une digitalisation progressive du parcours passager, a débuté dans le but de renforcer l’efficacité des opérations aéroportuaires et la fluidité. Un projet de jonction des convoyeurs à l’arrivée est en cours afin d’optimiser la livraison des bagages et limiter les temps d’attente.  Également, au delà de la beauté architecturale, il existe un plan d’aménagement et de dimensionnement de l’aéroport en HUB Passagers pour transformer l’aérogare en un véritable microcosme, une ville avec un cadre convivial et chaleureux pour garantir le confort des passagers. Ces transformations symbolisent notre volonté de concrétiser l’ambition du Président de la République, Son Excellence Monsieur Macky Sall, consistant à devenir le Premier Hub Aérien en Afrique de l’Ouest, à l’horizon 2035.  La position stratégique du Sénégal fait de notre pays un hub naturel, une plateforme de correspondance de premier rang. En effet, le Sénégal est un pont entre le Maghreb et l’Afrique Subsaharienne et un carrefour entre l’Amérique, l’Europe et l’Asie grâce à la qualité de service offerte dans notre aéroport. Le respect des normes de sûreté et de sécurité encourage les compagnies aériennes africaines, européennes, américaines et asiatiques a développé des routes aériennes vers le Sénégal. Son Excellence Monsieur Macky Sall, à travers la validation du plan stratégique AIBD HUB Aérien 2021-2025, exprime très clairement la nécessité pour le Sénégal de devenir un acteur majeur de l’aviation civile internationale d’ici à l’horizon 2025 et d’être parmi les Etats qui construiront le ciel de demain. 
 
Un plan stratégique 2021-2025 a été mis en place. Pouvez-vous revenir sur  les perspectives de ce plan ? 
L’objectif du plan stratégique 2021 – 2025, validé en conseil présidentiel par Son Excellence Monsieur Macky Sall, est de sortir de la fiction des belles paroles et de s’orienter vers des considérations d’opportunités réelles. Raison pour laquelle AIBD SA, créateur de futurs, est déjà dans la mise en œuvre de son nouveau plan stratégique bâti autour de quatre (4) piliers, douze (13) objectifs et de quinze (15) projets phares. Les quatre piliers de ce plan stratégique s'articulent autour de la Génération du trafic, de l’Expérience Passager, de l’Accès et la  Connectivité et enfin la Diversification et le rayonnement de l’AIBD. Le premier pilier est la génération de trafic. Et comme vous le savez, la concrétisation du Hub aérien rime avec le développement d’une compagnie nationale forte. La vision consiste à accompagner Air Sénégal à devenir le maître de l’air africain en mettant à disposition les meilleures conditions d’aménagement pour être en capacité de transporter 1,2 Million de passagers dès 2025 avec 300.000 passagers en correspondance et d’ici à l’horizon 2035, 10 millions de passagers, dont 30% en Correspondance. Le deuxième pilier est l’Expérience Passager, définie comme étant la combinaison des innovations technologiques, des ressources humaines et des moyens logistiques déployés visant à rendre le voyage de chaque passager le plus agréable possible. Ce concept est accentué vers trois axes stratégiques que sont la fluidité, le confort et la facilitation, grâce à la digitalisation des services aéronautiques, tout en garantissant le respect strict des réglementations nationales et internationales de sécurité, de sûreté et de protection des données personnelles.  Le troisième pilier est l’accessibilité et la connectivité de l’Aéroport International Blaise Diagne. Il s’agit de connecter l’AIBD avec les différentes destinations touristiques et les pôles urbains et économiques du Sénégal et de l’Afrique de l’Ouest. Enfin le quatrième pilier est relatif à la diversification et au rayonnement des activités aéroportuaires. Présentement, AIBD SA est en train de mettre en place un Plan d’Urbanisme de Détail (PUD) pour sécuriser son périmètre foncier. La pandémie causée par le Covid -19 a démontré la vulnérabilité du transport aérien de passagers qui a été fortement impacté. Les rares zones aéroportuaires qui ont pu résister à  cette pandémie sont celles de Singapour et Dubaï. Ces aéroports ont maîtrisé le foncier autour de l’aéroport avec le développement d’Hôtels, de centres commerciaux, d'activités de l'industrie aéronautique, entre autres. 
 
La fusion AIBD SA et ADS a été officiellement actée par le Chef de l'Etat. Mais gérer tous les aéroports exige d'énormes sacrifices. Quelles sont les difficultés majeures auxquelles vous faites face ? 
Je ne dirai pas sacrifices, mais beaucoup de rigueur pour relever cet immense défi. Naturellement, tout grand projet présente son lot de difficultés. Toutefois, je vous rassure, tous les paramètres sont bien maîtrisés. Nous avons la chance d'avoir des experts chevronnés prêts à servir loyalement leur pays. C'est l'occasion pour moi de féliciter et de remercier tous les membres du  Comité Technique des Experts (COTEX) qui interviennent dans la mise en œuvre des projets phares de l'AIBD et la consolidation du hub aérien. 
 
Après l'aéroport de Saint-Louis, il y a celui du Cap Skirring à réhabiliter. Pouvez-vous revenir sur ce chantier ? 
 
Au niveau de l’Aéroport de Cap Skirring, l’urgence aujourd'hui est le revêtement et le redimensionnement de la piste d’atterrissage, la signalisation horizontale et la réalisation d’une voie de circulation, pour sauver la saison touristique, principal socle de l'économie locale.  Présentement, la piste fait 2000 mètres de long pour 30 mètres de large, avec une aire de stationnement de 11.708 m2 découpée en quatre (4) positions. Ces travaux d'allongement et de renforcement de la piste sont nécessaires pour être en capacité d’accueillir tout type d’aéronef. Une deuxième phase concerne la réhabilitation de l'aérogare et les bâtiments techniques.L’aéroport de Cap Skirring est de plus en plus sollicité, notamment par Air Sénégal et les vols charters. La qualité de la piste est primordiale pour encourager les compagnies nationales et étrangères à développer des liaisons aériennes vers cette destination touristique. En aéronautique, la piste constitue la première véritable infrastructure stratégique puisqu’elle assure la maximisation des activités aéroportuaires. A l’échelle mondiale, les propriétaires et gestionnaires des aéroports veillent scrupuleusement à l’entretien et à la bonne exploitation des pistes, pour assurer un niveau de sécurité infaillible. D'ailleurs, je rentre d'une visite de chantier le week-end dernier, pour évaluer moi-même, l'évolution des travaux en cours. Les travaux confiés à l’entreprise Eiffage ont été lancés le 17 septembre dernier et se déroulent à un rythme très satisfaisant. Cette visite que je viens d'effectuer, revêt une importance capitale et nous sommes obligés de redémarrer les activités  touristiques qui  représentent un enjeu économique qu’il faut prendre à bras le corps. Avec  les hôteliers, notamment le Club Med, nous espérons accueillir le premier vol sur la nouvelle piste de Cap Skirring, le 7 décembre prochain.
AIDA COUMBA DIOP

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Publié par

Namory BARRY

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