Enquête sur la mafia des passeports diplomatiques : Les dessous de l'arrestation de Kilifeu par la Dic

mercredi 8 septembre 2021 • 337 lectures • 1 commentaires

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Enquête sur la mafia des passeports diplomatiques : Les dessous de l\'arrestation de Kilifeu par la Dic

Deux députés de l’Assemblée nationale, tous des présidents de communauté rurale, sont cités dans l’enquête relative au trafic de passeports diplomatiques impliquant le Guinéen El Hadji Condé. Le rappeur Kilifeu est également en garde à vue dans le cadre de l’enquête globale sur les trafics de passeports diplomatiques.

Le rappeur et activiste Landing Mbissane Seck alias Kilifeu et membre du groupe «Y’en a marre» est placé en position de garde à vue dans les locaux de la Division des investigations criminelles (Dic) depuis hier mardi. Tout comme le Guinéen El Hadji Condé, arrêté samedi à la Cité Aliou Sow, pour les mêmes faits de trafic de passeports diplomatiques. Seulement, les deux affaires ne sont en rien liées. Selon des sources de L’Observateur proches de cette affaire qui risque de faire beaucoup de victimes, c’est la Présidence de la République qui avait donné des instructions fermes pour qu’une enquête approfondie soit menée sur les supposés trafics de passeports diplomatiques sénégalais. Puisque le passeport sénégalais perd de plus en plus de sa valeur. Si l’on sait que dans un passé récent, n’eût été l’intervention de l’Espagne, tous les diplomates sénégalais détenteurs de passeport diplomatique devraient avoir un visa pour entrer dans l’espace Schengen. Et comme le révélait L’Observateur dans son édition du 23 juillet 2018, le Parlement européen basé à Strasbourg avait été saisi pour le vote de cette restriction. Même la France avait donné son feu vert pour imposer un visa Schengen aux autorités sénégalaises détenteurs de passeports diplomatiques. La raison avancée pour justifier une telle mesure est que la Police des airs et des frontières de l’Union européenne avait constaté que des commerçants, des étudiants, des tailleurs, de simples citoyens qui ne savent ni lire, ni écrire se présentaient dans différents aéroports de l’espace Schengen avec le passeport diplomatique sénégalais.
Donnant suite à ces instructions de la Présidence de la Républiques, les autorités judiciaires du pays ont donné mandat au Commissaire Aliou Sow, chef de la Division des investigations criminelles (Dic), de faire la lumière sur toutes les affaires de trafic de passeports diplomatiques. Naturellement, l’affaire Kilifeu qui a été filmé en train de promettre des passeports (rouges) fait partie de celles à élucider. C’est dans ce cadre que le rappeur a été convoqué hier mardi par les enquêteurs de la Dic. Interrogé sur les personnes avec qui, il a eu à être sollicité pour l’obtention de passeport comme il l’a dit dans une de ses vidéos que les policiers ont visionnées avec lui, le rappeur a fait savoir aux policiers-enquêteurs de la Dic qu’il ne se souvenait pas des noms de ces personnes. Des informations que les limiers voulaient lui soutirer pour remonter toute la chaîne afin de démanteler tout ce réseau. Mais, Landing Mbissane Seck alias Kilifeu  n’a pas été bavard sur la question. Il a préféré se limiter à ça. Pour le moment. Puisque cette procédure pour laquelle il est mis aux arrêts, est une affaire d’Etat qui est loin d’être close.


Une journaliste d’une chaîne de Télévision impliquée
Parallèlement, les policiers interrogeaient le Guinéen El Hadji Condé, spécialiste de la confection des faux passeports diplomatiques, arrêté à la cité Aliou Sow à Golf Sud samedi dernier. Son interpellation, suivie de la perquisition de son lieux d’habitat ont été, selon des sources de L’Observateur, sanctionnées par la saisie d’une pile de faux documents, dont une dizaine de faux passeports diplomatiques, ainsi qu’un stock de faux certificats de mariage dont ceux de deux députés. Le faussaire balance tous ceux qu’il considère comme étant ses présumés acolytes. A l’en croire, il aurait bénéficié de l’aide et de l’assistance de plusieurs gros bonnets de la République, dont deux députés qui étaient de mèche avec lui dans l’accomplissement de ses manœuvres frauduleuses. Celles-ci consistaient, confie-t-il aux hommes du Commissaire Aliou Bâ, à confectionner de faux certificats de mariage à des clientes aux fins de les faire passer pour des épouses de députés. Interpellé sur l’origine de certains documents avec des sceaux de l’État du Sénégal, le présumé faussaire a, selon des sources de L’Observateur, donné des réponses tirées des cheveux. Dans cette affaire, une journaliste d’une chaîne de Télévision privée y est impliquée et est activement recherchée par les policiers enquêteurs. Par ailleurs, les députés Mamadou Sall et Boubacar Biaye qu’il a cités comme des connaissances, ne peuvent pas être entendus par les enquêteurs de la Dic à cause de leur statut. 
Mamadou SECK

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Publié par

Namory BARRY

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