jeudi 7 janvier 2021 • 128 lectures • 0 commentaires

Financement du PAP2 ajusté et accéléré : Macky Sall veut sa banque

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Financement du PAP2 ajusté et accéléré : Macky Sall veut sa banque

L’Etat du Sénégal travaille sur un projet de regroupement de tous ses actifs bancaires dans une seule institution financière. Le projet en cours est né de la volonté du chef de faire financer l’économie sur la base de ressources locales.

Pour l’impulsion des politiques publiques, le financement des grands projets de l’Etat, Macky Sall ne cache pas son sentiment de répulsion aux critiques sur la dette publique. «Il n’existe pas un pays au monde qui ne s’endette pas pour financer son économie. Aujourd’hui, les pays les plus développés sont les plus endettés. Et leurs dettes dépassent largement celles des pays africains», s’est énervé le chef de l’Etat, lors de son face-à-face avec la presse, au Palais, dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier dernier. Le président de la République qui a l’ambition de «transformer le Sénégal», a même lancé une idée toute nouvelle – «basée sur un endettement local et maîtrisé» - sur laquelle se penchent les services du gouvernement : regrouper tous les actifs bancaires de l’Etat dans une grande structure financière nationale. En décodé, mettre sur pied une grande Banque nationale pour financer les projets du régime. Surtout pour ceux contenu dans le Plan d’Actions prioritaires (Pap) de la phase II du Plan Sénégal émergent (Pse).


C’est le 29 septembre dernier, lors du Conseil présidentiel sur la relance de l’économie, tenu au Centre international de conférence Abdou Diouf de Diamniadio, que le chef de l’Etat a émis l’idée -  en public - pour la première fois. Face à plus de trois cents participants, représentant le gouvernement, les services étatiques, le secteur privé, des partenaires au développement, Macky Sall, croquant les contours du Pape2A devant aboutir à l’adoption d’un schéma de relance de l’économie, a souligné l’autofinancement de l’économie. Sans donner de détails, Macky Sall a fait part de l’intention du gouvernement de procéder à l’optimisation du secteur bancaire national. 


Depuis, la réflexion est en cours et selon des sources gouvernementales – même si le format de l’institution n’est pas encore défini-, les travaux avancent à pas de géant. Plusieurs réunions de travail ont été tenues à ce sujet et on parle déjà d’une articulation du projet autour de la Bnde, avec des guichets, par exemple, pour le Logement, l’Agriculture, l’Habitat etc. Selon les informations recueillies auprès des services de l’Etat, il sera question de mettre en place un instrument financier fort qui sera renforcé en fonds propres et en ressources avec la latitude de laisser à chacune des entités qui le composent de jouer son rôle de prédilection. Mais, le tout se fera avec une articulation qui permettra d’avoir une synergie ou une optimisation de cet instrument pour en faire un levier de financements des politiques publiques. «Toutes les structures satellites de l’Etat viendront accompagner cet instrument. Toutes les ressources de l’Etat qui sont dispersées dans les autres banques vont être logées dans cet instrument-là pour lui donner assez de force afin de pouvoir accompagner le développement du pays», révèle-t-on du côté du ministère des Finances et du budget. «Car, explique-t-on, le financement d’une économie se fait sur la base de ressources locales. Ce sont les épargnes des citoyens qui sont réunis pour financer l’économie. Mais, aujourd’hui les banques étrangères ont nos propres épargnes et elles ne financent pas notre économie». 


D’après un acteur du projet, le gouvernement veut, à travers cette future institution bancaire, construire un instrument financier assez fort pour soutenir le développement de l’économie nationale. «Cela permettrait au Sénégal d’avoir une souveraineté financière et de pouvoir faire face surtout aux banques étrangères établies dans notre pays. Avec la configuration actuelle du secteur bancaire national, les grandes banques basées au Sénégal sont des banques étrangères qui n’accompagnent pas l’économie sénégalaise comme il se doit. Généralement, ces banques sont là pour leurs propres ressortissants. Les banques françaises sont là pour les Français, les banques Marocaines sont là pour les Marocains etc.», confie-t-il. 


Se voulant plus pédagogique dans ses explications et surtout pour (dé)montrer la nécessité pour le Sénégal de mettre en œuvre ce projet du président de la République, le collaborateur du chef de l’Etat a levé un petit coin du voile qui entoure le secteur bancaire national. «Aujourd’hui, les trois instruments financiers de l’Etat du Sénégal réunis font au moins 20% des parts du marché. C’est plus que la Bicis et c’est entre la Sgbs et la Cbao. C’est un poids qui peut avoir demain son avis sur le financement de l’économie et engager tous les projets de développement», souligne-t-il. Et d’ajouter : «L’optimisation du secteur bancaire national est très importante pour le Sénégal, surtout avec le plan d’actions prioritaires ajusté et accéléré qui réunit beaucoup de projets de développement. La réalisation des projets du Pap2A nécessite des fonds importants, mais aussi l’accompagnement des acteurs économiques et des entreprises sénégalaises pour leur permettre de pouvoir soumissionner. Et, si nous n’avons pas une banque, ce sont les étrangers qui viendront encore davantage prendre tout et le rapatrier.»


SOPHIE BARRO

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Publié par

Namory BARRY

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