France-Afrique : le ‘’New Deal’’ de Paris

mercredi 19 mai 2021 • 1782 lectures • 0 commentaires

Politique 4 mois Taille

France-Afrique : le ‘’New Deal’’ de Paris

Prenant part au Sommet de Paris, en France, sur le financement des économies africaines, le Président Macky Sall a exhorté à de nouveaux paradigmes pour un «New Deal» à défaut d’un Plan Marshall pour l’Afrique.

C’était un ‘’Paris’’ à milliards pour réagir au «choc économique» causé par un an de crise sanitaire due au Covid-19, provoquant la première récession du continent africain en 25 ans. Un pari à oser pour le financement des économies africaines. Mais devant ses pairs et des représentants d’institutions financières internationales, le chef de l’Etat sénégalais, Macky Sall, a indiqué hier mardi que ce rendez-vous africain en terre française ne sera une réussite que s’il parvient à établir et porter une dynamique novatrice à trois niveaux. «Un, la réforme. Deux, un nouvel état d’esprit de partenariat. Et trois, de nouveaux paradigmes pour un New Deal, à défaut d’un Plan Marshall pour l’Afrique», a prévenu Macky Sall. Poursuivant, le Président Sall a exprimé de vive voix les attentes du continent noir sur ce Sommet de Paris. Primo, le président de la République a exhorté les pays membres du G20 qui recevront plus de 2/3 des nouvelles allocations de Dts (Droits de tirage spéciaux), de réallouer leurs quotas en appui aux efforts de relance des pays africains, sous forme de dons, prêts concessionnels ou semi-concessionnels à longue maturité. Puis, par souci d’efficacité et de diligence que les réallocations se fassent via des institutions internationales et africaines appropriées. Les (nouvelles allocations) Dts en question attendues sont chiffrées à hauteur de 650 milliards de dollars américains, dont 33 milliards destinés à l’Afrique. Secundo, le chef de l’Etat estime qu’au delà des solutions conjoncturelles, l’Afrique a surtout besoin d’une réforme de la gouvernance économique et financière mondiale, avec des mécanismes innovants permettant d’accéder aux marchés de capitaux à des coûts soutenables et selon des maturités adaptées aux actifs à financer.
«C’est une nécessité vitale pour nos économies. Autrement, prévient-il, tous les efforts d’émergence resteront vains. Partout en Afrique, les besoins sont nombreux et urgents. Et l’Etat doit encore beaucoup faire, surtout en matière d’infrastructures de base exploitables sur le long terme et qui demandent des financements lourds.» «S’y ajoutent, poursuit-il, les dépenses incompressibles en matière de sécurité et d’adaptation au changement climatique. Parce qu’il faut faire face au péril pressant du terrorisme, mais également prendre en charge la transition énergétique pour ne pas emprunter les mêmes schémas pollueurs que les pays industrialisés, conformément à l’Accord de Paris sur le climat.» Tertio, le Président Sall prône un assouplissement des règles de plafonnement de l’endettement et du déficit budgétaire et une correction de la perception du risque d’investissement en Afrique pour une notation plus juste et donc des coûts de primes d’assurance moins élevés. «C’est ce paquet de réformes qui facilitera l’accès de nos pays aux ressources nécessaires au financement de leurs efforts de relance et d’émergence. Cela dit, nous convenons aussi qu’il faut poursuivre les réformes à l’échelle nationale pour faciliter l’investissement, simplifier et élargir la base d’imposition fiscale afin d’accroître la mobilisation des ressources internes et soutenir la transparence budgétaire», a indiqué le chef de l’Etat.


Dette-déficit budgétaire-primes, le trio du «mal» économique
Avant de terminer son speech, le président de la République, Macky Sall, a listé le trio d’obstacles qui plombent les efforts de développement de certains pays africains. Il s’agit, cite-t-il, du plafonnement de l’endettement (à 70% du Produit intérieur brut-Pib) pour les pays membres de l’Uemoa (Union économique et monétaire ouest africaine) et du seuil de 3% du déficit budgétaire à ne pas dépasser. Ainsi que du coût élevé des primes d’assurance à cause d’une perception exagérée du risque d’investir en Afrique, alors même que pour nombre de pays africains, ce risque n’est guère plus élevé qu’ailleurs. Macky Sall : «Sur ces trois points, je continue de plaider pour une réforme urgente des règles, notamment celles de l’Ocde (Organisation de coopération et de développement économique) sur les conditions d’octroi des crédits export. On ne peut pas appliquer les mêmes standards à des pays à forces et besoins inégaux.»


Conclusions du Sommet : Les fortes promesses de Paris pour l’Afrique


Les espoirs sont permis, au terme du sommet de Paris sur le financement des économies africaines. Les conclusions de cette rencontre d’hier mardi ouvrent les portes aux pays d'Afrique. Ceux-ci peuvent espérer capter un important soutien financier indispensable pour relancer leurs économies frappées par la pandémie du Covid-19. «Nous, les dirigeants participant au sommet, en présence d’organisations internationales, avons la responsabilité d’agir ensemble et de combattre la grande divergence qui est en train d’apparaître entre les pays et au sein de chaque pays», ont écrit les dirigeants européens et africains dans leur communiqué final. En avril, les ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales du G20 ont soutenu un renforcement à hauteur de 650 milliards de dollars de ces réserves et une prolongation d'un moratoire sur le remboursement de la dette des pays les plus pauvres face à la crise du Coronavirus. Mais alors que seulement 34 milliards de dollars de ces réserves seront allouées à l'Afrique, Emmanuel Macron a formulé le vœu que ce montant passe à 100 milliards de dollars, en annonçant que la France et le Portugal avaient déjà décidé de réallouer leurs Dts. «Nous sommes prêts à réallouer les Dts afin de constituer un tour de table qui s'élève à au moins 100 milliards pour l'Afrique», a annoncé hier le chef de l'Etat français lors d'une conférence de presse avec ses homologues ayant pris part au sommet. Il espère qu'un accord puisse être conclu entre juin et octobre prochains. Macron a aussi plaidé plaidé pour des transferts de technologie et la levée des contraintes en termes de propriété intellectuelle ou de financement pour produire des vaccins contre le Covid-19 en Afrique. Il a souhaité organiser durant le deuxième semestre des mécanismes de réallocation et de financement pour atteindre l'objectif de 40% des Africains vaccinés d'ici la fin de 2021. Le Fonds monétaire international (Fmi) estime que jusqu’à 285 milliards de dollars (233,3 milliards d'euros) de financements supplémentaires sur la période 2021-2025 seront nécessaires aux pays africains, pour renforcer la réponse apportée à la pandémie, indique le communiqué final. D'après Emmanuel Macron, un «New Deal» est nécessaire pour l'Afrique afin d'apporter au continent une bouffée d'air frais. Le Président français a ainsi émis l’idée d’ouvrir le chantier des réserves d’or du Fonds monétaire international (Fmi) qui se sont revalorisées durant la crise. Il souhaite la vente d’une partie de ces réserves d’or pour financer les pays africains.


IBRAHIMA KANDE

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Publié par

Namory BARRY

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