L'incroyable histoire de King, le "marabout" qui dépense "le milliard pour le social"

mardi 15 mars 2022 • 2307 lectures • 0 commentaires

People 6 mois Taille

L\'incroyable histoire de King, le \

PUBLICITÉ

Son nom est sur toutes les lèvres… Dans les coulisses du Dakar des strass et paillettes, sur les réseaux sociaux, dans les quartiers mal-famés, Mame Thierno Fall «The King» a laissé des traces. L’Obs lui a tendu le micro pour des confidences inédites sur sa vie… 

On vous présente comme un «marabout milliardaire». Que pouvez-vous nous apprendre sur vous ?  
Je m’appelle Mame Thierno Fall mais, mes amis m’appellent sous le pseudo de «The King». J’ai 36 ans. Je suis né à Mael, un village situé à 7 Km de Touba. J’ai toute ma famille là-bas et j’y ai fait aussi mes humanités. Je suis issu d’une grande famille religieuse et polygame. Je suis un descendant de Cheikh Babacar Thiargane Ndiaye, c’est mon grand-père direct. D’ailleurs, c’est lui qui a fondé le village de Mael. Je suis l'aîné de mes parents. J’ai plusieurs frères et sœurs. Mes parents ont divorcé après ma naissance. Très tôt, mon père m’a interné dans une école coranique pour que je sois initié à l’apprentissage et la pratique de la religion. Après les études, j’ai migré vers d’autres villages pour une étude plus poussée en connaissances divines. A l’époque, j’avais entre 20 ans et 21 ans. J’ai été en retraite spirituelle pendant presque 9 ans pour apprendre les sciences islamiques. Auparavant, mon père m’avait confié à son homonyme, Modou Fall pour qu’il m’apprenne le métier de tailleur. J’ai fait presque 3 ans là-bas, précisément au marché OKass de Touba. J’ai compris ensuite que je n’étais pas fait pour ce métier. Alors j’ai décidé de faire du commerce. Pendant ce temps, je me cherchais encore à travers différentes activités et je méditais beaucoup sur mon avenir. J’ai, par la suite, fait plusieurs pays de la sous-région : Mali, Togo, Guinée Conakry, Guinée-Bissau, Togo, Bénin, Afrique du sud, Zambie et Ethiopie. Dieu m’a mis en relation avec des personnes spirituelles.

PUBLICITÉ


«J’ai été SDF, je squattais les parvis des banques, avant d’habiter dans une maison qui servait de dépotoir d’ordures»

PUBLICITÉ


Quand avez-vous senti que vous étiez investi d’un pouvoir ?
Depuis mon enfance, j’avais des sensations bizarres et étranges. C’est pourquoi, après les études, j’ai décidé de booster ce qui est en moi. Quand j’ai arrêté le commerce. Je faisais des rêves prémonitoires qui m’incitaient à aller quérir le savoir. J’ai traversé beaucoup d’obstacles. Parfois je restais toute une journée sans avoir quelque chose à me mettre sous la dent. Je n’avais nulle part où le chercher d’ailleurs. J’ai enduré ça durant des années. Cette situation, j’ai continué aussi de la vivre lorsque j’ai atterri à la capitale. J’étais un SDF. A l’époque, je n’avais que 3 habits qui étaient des haillons. C’est des moments très difficiles, mais j’étais adossé à mon mur de foi. C’est ce qui me permettait de tenir. Beaucoup de gardiens de banque me connaissent parce que je squattais leurs parvis pour y dormir la nuit sur un carton. Avec mon habillement, certains, très méfiants, m’extirpaient de force de mon sommeil pour me chasser. Ils redoutaient que je sois un ivrogne ou un malfaiteur. Personne n’est venu à mon secours. Mais, j’avais l’intime conviction que ma souffrance prendrait fin un jour ou l’autre. A défaut, j’allais mourir dans la souffrance et trouver mon salut dans l’Au-delà.


Vous n’aviez pas un proche, un parent qui aurait pu vous venir en aide ?
Je n’ai jamais voulu tendre la main. J’étais venu à Dakar pour uniquement pratiquer le métier de marabout. Mais les gens me méprisaient et ne me donnaient pas une once de considération. Je squattais les rues et dormais à la belle étoile jusqu’à ce qu’on me prête une maison abandonnée qui était un dépotoir d’ordures. J’ai creusé et enterré les tas d’immondices et j’en ai fait mon lieu d’habitation. J’ai acheté une natte, puis un matelas. Chemin faisant, les gens ont commencé à faire la queue devant cette maison. Alors qu’auparavant, ceux qui passaient devant, se bouchaient les narines. Il n’y a de vrai que Dieu. Comme s’ils s’étaient passé le mot, ils venaient de partout pour solliciter prières, offrandes et autres. 


Comment cela se fait-il que du jour au lendemain, les gens sont venus vers vous ?  
On aurait dit que ces personnes avaient entendu dire que dans cette maison, il y avait un érudit. Du jour au lendemain, ils faisaient la file pour me voir. Mais il faut dire que tout est parti d’un condisciple. C’était un commerçant et j’allais souvent là où il tenait ses activités pour y manger à midi car, je n’avais pas assez d’argent pour me nourrir. Un jour, un de ses amis a perdu ses moutons, je lui ai fait des prières et il les a retrouvés. C’est ainsi que les choses ont décollé pour moi. Près de 500 personnes faisaient la queue pour me voir. Moi-même j’étais étonné par autant d’intérêt pour ma personne. Il m’arrivait de me réveiller sans un sou en poche et tout d’un coup, ma situation a évolué. J’ai fait poser des ardoises en guise de toit, installé des portes, on m’a offert une télé. Un jour, un de mes condisciples avec qui j’ai fait l’école coranique est venu me voir. J’avais allumé une bougie parce que je n’avais pas encore l’électricité. Après l’avoir raccompagné, à mon retour, la maison avait pris feu. C’était en 2011. Il ne me restait plus que les habits que j’avais sur moi. J’ai recommencé à zéro. Des amis et des bonnes volontés m’ont épaulé. C’est en 2012 que j’ai déménagé pour louer une chambre que je payais 15 000 FCfa. Avec le peu que je gagnais, je faisais en sorte d’épargner 1500 FCfa que je donnais en offrande tous les vendredis. S’il y a une chose qui me tenait vraiment à cœur, c’est de faire tout ce qui est en mon pouvoir, pour que personne n’ait à vivre, ce que moi j’ai vécu. Il n’y a rien de pire que la faim. C’est la raison pour laquelle je suis assez porté sur le social. Les 1500 FCfa ont doublé, puis triplé et aujourd’hui, c’est un milliard et poussière.
«Je travaille plus avec les étrangers et les équipes de football. J’ai réussi à faire gagner 4 ligues des champions»


En quoi consiste votre travail ? 
Je me base sur une science très complexe. Rares sont les personnes qui peuvent l’exercer. Je travaille plus avec les étrangers et les équipes de football. D’ailleurs, pendant 4 années, j’ai aidé la plus grande équipe du monde à gagner 4 ligues des champions. La Porsche Cayenne que je conduis m’a été offerte par l’entraineur. Lorsque cette équipe jouait, j’étais logé dans les plus grands hôtels du pays et c’est la police qui m’escortait pour aller suivre les matchs. 


Pouvez-vous nous donner le nom de cette équipe ?
Non je ne préfère pas ! En tout cas, je travaille avec de grandes personnalités étrangères, ils ont une grande confiance en moi. Pour me déplacer, ils affrètent des jets privés. Ce n’est pas donné à n’importe qui, surtout à quelqu’un qui avait des soucis pour rassembler 100 F. Cfa. Aujourd’hui, je peux me permettre d’offrir plus d’1 milliard en guise d’aumône. 


Vous faites de la divination, vous soignez ? Quelle est votre spécialité proprement dite ?   
Je fais beaucoup de choses, mais rien de répréhensible. Retenez que je suis un marabout et je m’imprègne des sciences islamiques. Je l’ai dûment appris auprès d’érudits. Il faut dire aussi que mon travail n’est pas compatible avec la parlote. Il requiert une grande discrétion. 


Comment est venue cette connexion avec les étrangers pour qui vous travaillez généralement ? 
J’ai connu un monsieur qui était journaliste à Jeune-Afrique. On me l’avait présenté car il avait un problème assez compliqué. Il avait besoin d’aide pour le régler mais, il n’avait pas d’argent. J’ai donc accepté de l’aider sans rien attendre en retour. Dieu a fait que j’ai réussi à lui retirer cette épine du pied et pour me remercier, il a décidé de me présenter à certaines de ses connaissances qui, pour la plupart, étaient des Arabes. En ce qui concerne les Blancs avec qui je travaille, le link est venu d’un célèbre entraîneur. Nous étions en Espagne et j’avais promis à ce dernier de lui faire gagner la ligue des champions; moyennant 2 millions de dollars. Au début, il était réticent et m’a proposé de signer un contrat. Si toutefois je réussissais mon pari, il me paierait comme convenu. Avec l’aide de Dieu, j’y suis arrivé. Par la suite, j’ai été invité par les membres de l’équipe qui m’ont offert des montres en or, en diamant, des voitures. Tout est parti de là, j’ai fait la connaissance d’autres grands joueurs et sommités du monde du football. J’ai fait toute l’Europe, les Etats-Unis…


«J’ai un budget d’1 milliard 260 millions pour le social»


D’aucuns disent que vous pratiquez le fétichisme ou encore la magie noire ?
Ce n’est pas le cas. J’ai entendu toutes sortes de rumeurs : que j’étais franc-maçon, que je faisais partie de lobbies. Au Sénégal, on adore palabrer sur la vie des gens. Tandis qu’en Europe, on s’intéresse à mes œuvres sociales. Une fois, j’ai séjourné aux Champs Elysées pendant 45 jours et pendant tout ce temps, je donnais 6 000 Euros comme offrande. Cela avait intrigué les Blancs qui se sont déplacés jusqu’au Sénégal pour avoir une idée de qui j’étais. Le plus important c’est que, je sais d’où je viens et où je veux aller. Je reste convaincu que je peux tout avoir dans la vie. Que les gens attendent mon Jet-privé. Si je faisais des choses louches, j’aurais été démasqué depuis longtemps. J’ai mis en place un budget d’1 milliard 260 millions de Francs Cfa, rien que dans le cadre de mes activités sociales, sur fonds propres. Avec cet argent, je compte acheter 313 chameaux, 313 bœufs, 313 tonnes de riz, d’oignons, de pommes de terre, de sucre, de la boisson, de l’eau ainsi, 129 ballots de tissus Getzner pour les démunis. Je vais sillonner plusieurs localités du pays, ensuite aller dans les régions, en Europe et aux USA, histoire de toucher une cible plus large.


A combien estimez-vous votre richesse ?
Je ne peux pas le quantifier. Je sais juste que je suis un féru de belles voitures, j’en possède plusieurs. Je construis des appartements que je revends.


On vous voit souvent étaler les billets de banque en devises étrangères. Pourquoi ressentez-vous le besoin de faire cette publicité autour de vous ?
Au Sénégal, il faut toujours faire ses preuves, même si d’aucuns trouvent que cela ressemble à de la vantardise. Si je m’étais limité à dire que j’ai prévu un budget pareil, sans montrer l’argent, d’aucuns auraient dit que ce sont des balivernes. 


Vous n’avez jamais été inquiété par les autorités ? 
J’emploie plusieurs personnes et je n’ai jamais bénéficié de l’aide de l’Etat. L’Etat n’a jamais décaissé un centime pour moi. L’Etat doit appuyer les citoyens de mon acabit. 


Comment faites-vous pour faire entrer autant de devises au Sénégal ?
J’ai toujours été aux côtés de grands érudits et l’un d’eux m’a toujours dit : « Dans cette vie, rien n’est impossible quand on en a les moyens. Quand Dieu vous gratifie de bénédictions, Il vous guide toujours sur le droit chemin et vous montre la voie à suivre quant à son utilisation.»


Mame Thierno est marié ? Des enfants ?
Oui, je suis marié et papa. 


On vous confondrait avec un citoyen ordinaire. Comment faites-vous pour vous fondre dans la masse ?
C’est un véritable travail sur soi que j’ai effectué. Je ne me sens pas à l’aise dans des tenues coûteuses. J’en ai les moyens. Mais je n’aime pas m’habiller avec ostentation. Pour moi, je ne dois me vêtir que de tissu Vichy et de tissus légers. Quelle que soit l’aura de la personne que je dois rencontrer, je ne porte que ces deux étoffes. Je prône la philosophie Baye Fall et j’essaie d’être le plus modeste possible. J’oublie mes avoirs et ma notoriété dès que j’ai les yeux fermés. Nous sommes de simples créatures aux yeux du Créateur. Je ne cherche que la satisfaction et l’agrément d’Allah, après avoir connu beaucoup d’épreuves. Il ne sert à rien de garder de l’argent dans des comptes en banque alors que d’autres meurent de faim ou souffrent de maladies. 


Vous vous mettez toujours au niveau des gens qui travaillent pour vous et que vous aidez. Une chose qui assez rare à voir de nos jours…
J’ai des amis américains qui travaillent ainsi. On les confond avec leurs employés. Faire des œuvres sociales, c’est bien, mais participer à la distribution, c’est encore mieux. Vous gagnez plus de bénédictions. 


Vous êtes l’ami des artistes, comédiens et influenceurs…
Ils sont tous des amis et on a vécu plusieurs histoires ensemble. Il y en a que j’ai beaucoup soutenu et assisté matériellement en leur prêtant ma voiture par exemple. Certains ont proposé de me dédier des chansons en retour, mais moi je n’aime pas la célébrité. J’adore la discrétion et je n’aime pas faire étalage de mes relations. Pour moi, il n’y a qu’une seule star dans la vie, Serigne Touba et Cheikh Ibra Fall. Je ne compte que sur l’aide d’Allah et mes propres capacités…
MARIA DOMINICA T.DIEDHIOU

Cet article a été ouvert 2307 fois.

Publié par

Namory BARRY

admin

Soyez le premier à commenter

Je m'appelle

Téléchargez notre application sur iOS et Android

Contactez-nous !

Ndiaga Ndiaye

Directeur de publication

Service commercial