Macky Sall-Djibril Ngom, l’image de la controverse

lundi 29 novembre 2021 • 848 lectures • 0 commentaires

Politique 6 mois Taille

Macky Sall-Djibril Ngom, l’image de la controverse

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L’audience n’aura duré que 15 minutes, selon Djibril Ngom, transhumant connu pour avoir trafiqué la liste de l’opposition à Matam. Un court temps qui a réussi à mettre en mal l’image du président de la République, dont le parti est en lice pour les élections Locales.

«Communiquer, c’est exister en politique, faire, se défendre, détruire ou entretenir une image». La contribution publiée en octobre par Pape Sadio Thiam, enseignant-chercheur en Science politique, pourrait ressembler à une leçon, tellement le titre de l’analyse, «La communication politique : mentir vrai et paraître vertueux par le verbe » sied à la situation que s’est imposé Macky Sall ce week-end. Les électeurs n’auraient pu en croire leurs oreilles, si le moment n’avait pas été immortalisé en images. Djibril Ngom, illustre inconnu qui pose fièrement au côté du Président dans l’antre de la République. Rien d’anormal pour un citoyen, sauf que l’invité symbolise, depuis quelque temps, tout ce qu’il y a de vil chez un politicien. Djibril Ngom doit sa toute nouvelle célébrité et peut-être ses nouveaux passe-droits à un acte qualifié de trahison par la plupart des Sénégalais. Mandataire départemental du parti d’opposition Pastef et coordonnateur de la coalition Yewwi Askan wi à Matam, il a traficoté, au dernier moment, les listes d’investiture au profit de la coalition adverse, avant de rallier, dans la foulée, le parti présidentiel. Un acte ayant entraîné, dans un premier temps, la forclusion de Yaw, qui avait ensuite fait appel et obtenu gain de cause. Pour expliquer son geste prémédité, le transhumant dira : «Auparavant, c’est l’Apr qui venait vers moi. Cette fois, c’est moi qui suis allé. Je souffrais de reconnaissance et Sonko ne m’appelle pas.» La complainte avait fini de détruire son image, un échec communicationnel dans lequel il entraîne, du moins en partie, un président dont le parti est lancé dans les échéances locales. L’occasion était trop belle pour ne pas être exploitée par l’opposition. Macky Sall subit, depuis la publication des photos de l’audience, une série d’attaques. Déthié Fall à l’investiture du candidat Yaw à Thiès : «Une personnalité comme le président de la République avec tous les problèmes qu’il y a dans ce pays, n’a rien d’autre à faire que de recevoir notre ancien mandataire à Matam pour le corrompre à coups de millions. La honte a même honte d’elle.» Ousmane Sonko au même meeting d’investiture : «Recevoir au palais de la République un homme qui a commis un délit grave, ne concourt pas à faire respecter l’institution qu’est le président.» Me Moussa Diop sur sa page Facebook : «Au lieu d’utiliser nos deniers pour payer les indemnités de départ aux véritables managers, on corrompt des opposants au sein même de la maison République.» Lansana Gagny Sakho dans une publication intitulée «J’ai honte» : «Ce qui se pose en filigrane, c’est quelle nation voulons-nous construire demain (…) Quel signal transmettons-nous à la jeunesse de notre pays, en termes de valeurs. » Des internautes sénégalais n’ont pas été en reste dans cette curée. «Il n’est pas de patrimoine politique qui ne soit bâti ou perdu par la communication », dira encore l’enseignant-chercheur. En posant avec un symbole de trahison, qu’espérait vraiment Macky Sall ?

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La présidence nie toute implication dans cette audience

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La question est posée jusque dans le propre camp du président. Il y a un an encore, René-Pierre Yéhoumé dénonçait le manque de reconnaissance dans l’Apr sur les ondes de la Rfm. Le responsable du parti à Dakar-Plateau et du collectif «Militants authentiques» mettait alors en garde le président sur le destin de laissés-pour-compte des premiers militants au profit des transhumants. Ces derniers se retrouvant plus facilement en audience au palais que les premiers à avoir cru au candidat Macky. Malgré sa solidarité avec le chef en vue des Locales, sa condamnation est sans ambages. «Le Président a ses prérogatives et peut recevoir qui il veut, mais le moment n’était pas opportun de recevoir une telle personne et de se faire photographier. Quel message y avait-il à passer», s’interroge-t-il. Seydou Guèye aurait pu répondre à cette question, mais le ministre conseiller à la Communication du Palais est resté indifférent aux multiples appels. Peut-être parce que dans les coursives de la Présidence, il se murmure que cette audience a été téléguidée en dehors de tout protocole. Il est vrai que dans une tentative désespérée de rétablir "sa" vérité, Djibril Ngom a assuré avoir fait appel au responsable de Matam. Farba Ngom, responsable départemental de l’Apr à Matam, avait été cité dans le retournement de veste de Fatou Ndiaye, sans que la rumeur n’ait été confirmée. 
AICHA FALL 

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Publié par

Namory BARRY

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