Récits d’une folle journée de violence dans les régions 

samedi 6 mars 2021 • 191 lectures • 0 commentaires

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Récits d’une folle journée de violence dans les régions 

Des manifestations ont été notées aussi dans différentes régions du pays. Et la violence a été inouïe par endroits. Récits d’une folle journée.

Famara Goudiaby tombe sous les balles à Bignona - La capitale du Fogny (Bignona) vient d’enregistrer son second décès, en marge des manifestations organisées par des militants et sympathisants du leader du parti Pastef/Les Patriotes, Ousmane Sonko. Un drame qui survient vingt-quatre heures seulement après la mort du jeune conducteur de moto «Jakarta», Cheikh Ibrahima Coly. Le deuxième fils de Bignona tué, Famara Goudiaby, a obtenu son baccalauréat l’année dernière. Il a perdu la vie hier, vendredi 5 mars 2021, en fin de matinée. Le corps sans vie de Famara Goudiaby, né en 1998 à Dianky, dans le département de Bignona, a été déposé à la morgue de l’hôpital régional de Ziguinchor. «Le bilan est lourd. Cinq personnes ont été grièvement blessées. Nous les avons acheminées à l’hôpital régional de Ziguinchor. Les manifestants ont assisté Famara jusqu’à son dernier souffle», a soutenu Pape El Hadj Youssou Manga, proche parent de la victime. A la suite de la mort de Famara Goudiaby, la situation était incontrôlable. Les manifestants ont plongé la commune dans une violence inouïe.  La ville en flammes, des dizaines de jeunes surexcités, ont déversé leur colère dans les grandes artères de Bignona qui est placée sous surveillance.     


Le feu au tribunal de Diourbel - Une salle noirâtre, des bancs calcinés, les vitres cassées, c’est le triste décor qu’offre la salle d’audience du Tribunal de grande instance de Diourbel. Ce lieu de juridiction a été pris d’assaut, dans la nuit du jeudi 04 au vendredi 05 mars, par des individus non encore identifiés. N’ayant pu accéder dans l’enceinte du tribunal, ils ont cassé les vitres pour jeter la flamme dans la salle d’audience. Comme beaucoup de localités du pays, Diourbel n’a pas échappé aux violentes manifestations de protestation contre l’arrestation du leader du Pastef, Ousmane Sonko. «Ces individus non identifiés ont mis le feu à la salle d’audience peu après 3 heures du matin», souligne une source de cette juridiction. Cette dernière indique : «Un rapport est transmis aux autorités compétentes. Un huissier sera commis pour faire le constat et évaluer les dégâts en vue de la réfection.» De surcroît, les audiences en correctionnelle, flagrant délit, entre autres, sont suspendues jusqu’à une date ultérieure. Et si la réfection tarde à se faire, les audiences de la prochaine Chambre criminelle, prévues à la fin du mois, risquent aussi d’être reportées. «C’est un incident qui va impacter le fonctionnement du tribunal avec le report des audiences et de la Chambre criminelle qui devait se tenir ce mois», souligne notre source. En revanche, pour ce qui est du cas des mineurs en détention, les audiences vont se tenir régulièrement. «Le tribunal pour enfants qui se déroule tous les 15 jours et ne nécessite pas la présence d’un public, va continuer son fonctionnement», rassure notre source.
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Edifices publics saccagés à Sédhiou  - Dans une autre partie du pays, à Sédhiou notamment, des militants et sympathisants du parti Pastef/Les Patriotes de la capitale de Pakao (Sédhiou), très excités, ont manifesté hier, vendredi 5 mars 2021, dans la matinée, leur colère. Ils se sont attaqués aux institutions publiques : la gouvernance, la mairie, l’inspection d’académie, l’inspection des Eaux et Forêts et Chasse et la toute nouvelle place publique ont été vandalisées. Huit (8) véhicules, dont celui du Gouverneur de la région, ont été saccagés. Une station-service, deux maisons du maire, un centre touristique et les locaux de la mairie ont été sauvagement vandalisés par ces populations qui ne cessaient, dans leurs propos aigres et tendus, d’exiger la libération immédiate d’Ousmane Sonko.
Tout est parti d’un mouvement d’humeur des élèves du lycée Ibou Diallo qui étaient descendus dans les rues aux environs de 09 heures pour, disaient-ils, réclamer à leur manière, la libération du leader de Pastef. La situation devenue subitement incontrôlable, les forces de l’ordre vont entrer dans la danse, balançant des grenades lacrymogènes sur la foule. Il s’en suivra une guérilla urbaine. Plongés dans la peur, les commerçants ont baissé les rideaux. Le commerce, le transport et toutes les activités économiques sont paralysés. Devenue subitement une ville «fantôme», Sédhiou est très vite plongée dans le noir. Le courant est coupé. Des pneus, des troncs d’arbre sont incendiés un peu partout dans les rues de la commune. L’insécurité devenue grandissante, les services publics sont fermés. C’était la folie. Des populations interpellées parlent de «vendredi noir jamais connu dans l'histoire de leur contrée». En début d’après-midi, le climat restait tendu dans la ville, où ont eu lieu d’intenses courses-poursuites entre manifestants et forces de l’ordre. Il n’est encore fait état d’aucune personne blessée ou arrêtée.
 
Vandalisme et arrestations à Kaolack - La violence qui secoue notre pays n’a pas épargné Kaolack non plus. Dans cette région, les communes de Kaolack et Nioro étaient les théâtres de scènes de violences. Des jeunes, majoritairement des élèves, ont pris d'assaut les rues de Nioro pour exprimer leur colère. Ils ont barré la route nationale numéro 4, avant de s’attaquer à la mairie. Avec des jets de pierres, les manifestants ont saccagé la mairie sous le regard impuissant des travailleurs. Les manifestants se sont ensuite rendus à la Préfecture. Sur les lieux, les agents de sécurité de proximité qui gardaient les lieux n’ont pu contenir leur fureur et se sont contentés de constater les dégâts. Les jeunes déterminés ont investi l'enceinte de la Préfecture et saccagé les locaux. Ordinateurs et autres matériels ont été emportés par les assaillants qui ont pris et jeté les cartes d'identités dans les canalisations.  Les véhicules du préfet, de son adjoint et du départemental de la jeunesse de Ndioro ont été caillassés. Le conseil départemental de Nioro ainsi que le tribunal ont reçu la visite des manifestants qui ont tout saccagé sur leur passage avant de se rendre à la gendarmerie. Ces scènes de violences ont duré des heures avant que les pandores ne réussissent à maîtriser la situation. Au même moment, à Kaolack, dans les quartiers de Thioffac et Médina Baye, des jeunes ont brûlé des pneus. La police a usé de grenades lacrymogènes pour disperser la foule. Les investigations ont mené les forces de l'ordre à Pape Alioune Gadiaga, manager du groupe Keur-gui et membre de «Y en a marre» et à son père, Diokel Gadiaga, le responsable départemental du Parti des valeurs. A leur suite, Pape Simakha et Abdou Ba du mouvement Aar Sunu démocratie ont été arrêtés et conduits au commissariat central.


Guérilla urbaine à Tamba - La capitale orientale a eu aussi sa dose matinale mouvementée. Le rassemblement à l’appel des soutiens du leader du Pastef s’est transformé en guérilla urbaine avec des pneus brûlés dans certains points stratégiques, comme le Stop Abdou Cissokho, Tassangoro, garage Kothiary, obligeant conducteurs de véhicules, calèches, motos Jakarta et citoyens ordinaires à rebrousser chemin pour échapper à la furie des assaillants. La manifestation s’est faite en plusieurs actes. D’abord, les élèves ont été délogés, paralysant ainsi le système scolaire. Ensuite, des pneus ont été brûlés sur les principaux axes, bloquant la circulation pendant quelques heures. La police a dû mobiliser certains éléments du Gmi pour venir à bout des manifestants. Le jeune Jean Diallo sera arrêté et déféré au parquet de Tamba.            
                                                        
Tribunal et autorités, les cibles à Louga - Les manifestations de soutien à Ousmane Sonko, leader du Pastef, ont aussi secoué la ville de Louga. La capitale du Ndiambour qui n’avait jusqu’ici connu la moindre scène de violence, a été hier, le théâtre d’actes de vandalisme qui ont occasionné des dégâts matériels inestimables. Le Tribunal de grande instance, situé au quartier «Grand Louga», a été la première cible des manifestants qui scandaient : «Libérez Sonko». Des jeunes surexcités, pour la plupart encagoulés, ont surpris les éléments de la police et les Agents de la sécurité de proximité (Asp) et investi l’intérieur du temple de Thémis. Sans perdre de temps, ils ont cassé les vitres du hall et tout saccagé sur leur passage. Après le Tribunal régional, ils ont déversé leur bile sur les autorités locales, saccagé la station-service «Total» et pillé la boutique. Ce symbole de la France vandalisé, les jeunes ont fait cap chez Mamadou Mamour Diallo où des agents de sécurité et des jeunes du quartier ont fait bloc pour protéger la maison. Les jeunes contestataires ont fait mouvement vers le garage de Touba où ils ont brûlé des pneus. Pendant ce temps, un autre attaquait le domicile flambant neuf du ministre Moustapha Diop. N’eut été la prompte et ferme opposition de jeunes riverains, l’irréparable se serait produit.


SAINT-LOUIS : La maison familiale de la Première Dame attaquée
Du feu, de la fumée, du gaz lacrymogène, des pierres qui volent dans tous les sens. Saint-Louis a vécu une chaude journée. Tout a commencé dans la matinée, vers le coup de 11H30, lorsque les élèves ont été libérés par les administrations des écoles. Sortis en masse, les potaches ont commencé à scander des propos en soutien au leader du Pastef/Les Patriotes placé en garde à vue depuis mercredi dernier. «Libérez, Sonko», « Libérez Sonko». Partis de l’Ile, les élèves ont emprunté le pont Faidherbe pour regagner le faubourg du Sor. La manifestation organisée de manière spontanée a tourné au vinaigre lorsque la cohorte d’élèves est arrivée à hauteur du marché de Sor. La foule a été renforcée par d’autres jeunes qui ont brûlé des pneus sur toute l’avenue Général De Gaulle, bloquant ainsi la circulation sur cette allée et le pont Faidherbe pendant plusieurs heures.
Craignant pour leurs biens, les commerçants du marché Sor et autres boutiquiers installés sur l’avenue Général de Gaule ont baissé rideaux. Au moment où les conducteurs de véhicule de transport en commun et de particuliers, par mesure de sécurité, ont décidé de garer leurs voitures pour échapper au saccage de leurs biens. Parce que des pillages, il y en a eu durant toute la journée à Saint-Louis, à Léona, Pikine, Rue de Paris, Balacoss et Ndiolofène. Ndiolofène où le siège de l'Alliance Pour la République (Apr), situé sur la rue Thierno Ousmane Sy, a été saccagé et incendié. Les équipements de la salle de sport qu’il accueillait ont été emportés ainsi que des éléments du dispositif de sonorisation. Les manifestants ont, par la suite, pris d’assaut la maison familiale de la Première Dame Marième Faye Sall avant d’être dispersés par les forces de l’ordre. Il s’en est suivi un face-à-face sans merci avec les policiers. Après des heures d’échanges de pierres et de grenades lacrymogènes, les manifestants ont réussi à mettre la main sur un pick-up de la police qu’ils ont brûlé sur la Rue de Paris.
Les stations-services n’ont pas échappé à la furie des foules colériques. La station-service Elton sise à Léona a été vandalisée. Du côté de Sanar, les étudiants ont battu le macadam sur la route nationale numéro 2 jusqu’à Ngallèle pour fustiger l’arrestation de Ousmane Sonko. Une marche qui intervient après deux jours d’affrontement avec les forces de l’ordre.
SAËR SY, ABDOURAHMANE THIAM, MARIE BERNADETTE SENE, PAPE OUSSEYNOU DIALLO, ABDOU MBODJ, AIDA COUMBA DIOP

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Publié par

Namory BARRY

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