Son père de 82 ans lui interdit le "Xeesal", le tailleur le tabasse au sang

jeudi 18 novembre 2021 • 371 lectures • 1 commentaires

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Son père de 82 ans lui interdit le \

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S’offusquant contre son père qui lui interdit de se dépigmenter la peau, le jeune tailleur l’a tabassé jusqu’à lui causer des blessures attestant un certificat médical de 10 jours d’Incapacité temporaire de travail. Mis aux arrêts par la gendarmerie de Coki, le bourreau de son père a été condamné à 6 mois ferme.

Apprenti-tailleur de son état, Abdoul Diaw, la vingtaine, a été attrait hier devant la barre du Tribunal de grande instance de Louga. Ce célibataire sans enfant, poursuivi pour le délit de Coups et blessures volontaires (Cbv) ayant entraîné une Incapacité temporaire de travail (Itt) de 10 jours sur son propre père et menaces de mort à ascendant, a plaidé coupable. Habillé d’un pantalon très serré sur un tee-shirt de couleur blanche, le jeune homme de petite taille, visage basané, visiblement dans ses petits souliers, évite de fixer du regard le juge présidant l’audience correctionnelle. L’ayant certainement compris, le magistrat a invité la partie civile, M. Diaw, un vieillard de 82 ans, à revenir sur les termes de sa plainte qu’il avait déposée contre son fils au niveau de la Brigade de gendarmerie de Coki. Ne pouvant pas tenir sur ses deux jambes, le vieil homme qui s’appuie sur une canne pour marcher, était installé sur une chaise posée devant la barre. Il raconte, la mort dans l’âme, la source de cette histoire : «Abdoul Diaw est mon enfant et je l’assume. Seulement, je dois reconnaître qu’il a un comportement répréhensible. Il se dépigmente au vu et au su de tout le monde. Sa peau a complétement changé. Ne pouvant plus supporter cette humiliation qu’il me fait subir devant ma famille, je l’ai sommé à plusieurs reprises d’arrêter cette pratique contraire à nos valeurs et à notre religion, mais il s’est entêté. Ses oncles ont essayé de le raisonner, en vain. Il continue de plus belle à se dépigmenter. Même les femmes du village ont tenu avec lui une réunion pour l’en dissuader, mais il n’a pas jugé utile de suivre les sages conseils de tout ce monde. Après que j’ai épuisé toutes les voies de recours, sans pour autant le convaincre, j’ai décidé de le chasser de ma maison. Je lui ai clairement dit que je ne peux partager la maison avec un homme qui se dépigmente. A ma grande surprise, il m’a rétorqué qu’il a les mêmes droits que moi dans cette maison. Il m’a clairement dit que personne ne pourra le chasser de la chambre qu’il occupe. D’ailleurs, il a menacé de me tuer, si toutefois je tentais de récupérer les clés ou de changer la serrure. Alors, ne supportant pas son insolence et son incorrection, j’ai perdu mon contrôle et j’ai décidé de laver l’affront, malgré mon âge avancé. Lorsque je me suis rué vers lui, il m’a administré un coup de poing au niveau du menton. Je suis tombé à terre et il m’a donné un coup de pied au ventre. N’eut été l’intervention rapide des bonnes volontés, il allait me tuer. Je me suis rendu par la suite à l’hôpital et un certificat médical attestant mes blessures m’a été délivré…»  Interrogé sur les faits à lui reprochés, le prévenu n’a pas cherché à nier l’évidence. Il se défend : «Mon père me rend la vie dure. Il m’empêche de mener ma vie comme je l’entends. Chaque jour, il m’attaque et me traite de tous les noms d’oiseaux. J’ai tout fait pour éviter d’avoir des problèmes avec lui, mais il continuait à me provoquer. Il a un tempérament bouillant. Certes, je me dépigmente, mais lui n’a pas le droit de jeter le discrédit sur moi. Le jour de la bagarre, c’est lui qui voulait me frapper et j’ai riposté…» A la fin du débat contradictoire, le parquet a requis l’application de la loi.  Rendant son délibéré, le tribunal a condamné le prévenu Abdoul Diaw à 6 mois ferme.
ABDOU MBODJ

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Publié par

Namory BARRY

admin

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