Stade Me Abdoulaye Wade : Diagnostic psychologique du nouveau chaudron sénégalais

vendredi 1 avril 2022 • 530 lectures • 0 commentaires

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Stade Me Abdoulaye Wade : Diagnostic psychologique du nouveau chaudron sénégalais

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Les stades les plus chauds du monde s’appellent Maracana (Brésil), San Mamés (Bilbao), Vodafone Park (Turquie), Stade international du Caire (Égypte)… Désormais, il faudra compter également avec le stade Me Abdoulaye Wade de Diamniadio (Sénégal), la nouvelle tanière des Lions de la Téranga.

En plus d’être magnifique et joyeux cadre de vie, le tout nouveau stade du Sénégal, baptisé Me Abdoulaye Wade peut être un ultime refuge des Lions de la Téranga, une forteresse imprenable. On y va peut-être un peu vite, mais la réplique que le stade de Diamniadio a porté au stade International du Caire dans le cadre de la double confrontation comptant pour le barrage de la qualification à la coupe du monde entre le Sénégal, champion d’Afrique et le vice-champion, l’Égypte, a déjà donné une réputation à ce joyau qui, du haut du ciel, ferait penser à un coquillage géant avec son toit ouvrant tel un œil gigantesque posé au cœur de l’écrin de Diamniadio à 30 km de Dakar. Son match officiel inaugural laisse penser qu’il est parti pour être ce que Geoffroy-Guichard de Saint Etienne est en France, ce que le stade Mustapha-Tchaker de Blida est en Algérie, Maracaña au Brésil ; un chaudron. 
Révolté par l’accueil réservé à Sadio Mané et sa bande au stade International du Caire au soir du 25 mars, «Me Abdoulaye Wade» a usé de son côté intimidant pour museler Mohamed Salah et ses camarades le 29 mars 2022, jour de réception de son premier match officiel de l’histoire. Œil pour œil, dent pour dent, la réplique, les Pharaons d’Égypte l’ont apprise à leurs dépens. Vainqueurs de la manche aller (1-0) avec le soutien du Stade International du Caire qui n’a pas fait cadeau aux Lions, les Pharaons ont vécu pareil, sinon pire à Diamniadio. Hués pendant 120 pénibles minutes, les Egyptiens ont tremblé et encaissé un but dès la quatrième minute de jeu. Déconcentrés lors d'une séance de tirs au but étouffante, Mo Salah, Zizo et Mohamed Mostafa ont craqué et raté l’exercice. Le supplice a été longue et pénible pour les Pharaons qui, après leur élimination face au Sénégal (0-1, 1-3 tab) mardi en barrage retour de la Coupe du monde 2022, ont décidé de porter plainte devant la CAF et la FIFA pour les incessants lasers dans le visage des joueurs et plusieurs jets de projectiles, le caillassage dont leur bus aurait fait l’objet sur le chemin du stade... «La Fédération égyptienne de football (EFA) a déposé une plainte officielle contre son homologue sénégalaise auprès de l’observateur du match et responsable de la sécurité, la Confédération africaine de football et la Fédération internationale de football, avant le début du match», a annoncé l’EFA dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, tout en ajoutant une autre charge. «L’équipe égyptienne a été victime de racisme après l’apparition de banderoles offensantes dans les tribunes du stade.»

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«Ce stade va devenir un environnement hostile pour les adversaires des Lions»

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Pour le premier match des Lions dans ce stade inauguré le 22 février dernier, le public qui avait promis de pousser les champions d’Afrique à la qualification à la coupe du monde, a réussi sa mission. Les excès de quelques groupes de supporters, le collectif des ultras, ont entamé la sérénité des Pharaons. A la fin de la soirée folle en émotions, le sélectionneur national du Sénégal, Aliou Cissé, a puisé les mots du fond de son cœur battant pour remercier le public pour l’énergie insufflée aux Lions, mais également pour son rôle de déstabilisation des Pharaons. Selon le préparateur mental et coach en développement personnel, Khalifa Mohamed Traoré, le Sénégal a enfin trouvé son chaudron. «On avait un public sénégalais spectateur. Maintenant on a un public qui joue son rôle de supporter et qui devient une force motrice. Une force motrice c’est une motivation. Il y a la motivation intrinsèque du sportif et la motivation extrinsèque, donc extérieure au sportif. Tous les praticiens du football sont d’accord sur le fait qu’il y a des grands stades qui sont des chaudrons qui arrivent à transcender les équipes dans des moments clés. Liverpool a son Anfield… Il y a des stades mythiques où les joueurs te disent qu’il y a des moments clé où le public apporte une énergie dynamique», explique M. Traoré.
Toutefois, le préparateur mental précise que «pour qu’il puisse y avoir ce qu’on appelle un déclic ou pour que cette force puisse agir, il faut qu’il y ait les capacités. «Pendant des années, on avait des joueurs qui avaient ces capacités de gagner, mais qui n’avaient pas la mentalité. Il a suffi que l’on gagne une coupe d’Afrique pour avoir cette nouvelle mentalité de gagneur. Non seulement les joueurs sont devenus des compétiteurs, mais pour une fois, même les supporters sont devenus des compétiteurs. Tout ce qu’on devait faire pour gagner ce match, on l’a fait. Un public sert à déconcentrer l’adversaire dans des moments clés en suscitant les émotions négatives. Jouer dans un environnement hostile pour les adversaires du Sénégal, ça va déclencher les émotions négatives, la tension, la crispation, la peur, l’incertitude, l’angoisse », dit M. Traoré. L’exemple des Egyptiens est assez illustratif à ses yeux. «Les Egyptiens, connus pour être des compétiteurs, ont raté trois de leurs penalties. A ce niveau de compétition, c’est excessivement rare. Le public les a perturbés du début à la fin et à un moment, ils n’y étaient plus. Désormais, les adversaires du Sénégal vont devoir compter avec ce public-là. Ce stade va devenir un environnement hostile pour les visiteurs. Une surcharge de pression pour l’adversaire et une motivation pour les Lions». 
Khalifa Babacar Diagne, psychologue conseiller avoue également que «le stade Abdoulaye WADE est bien parti pour être la tanière imprenable des lions rouges ». «D’abord du fait de son architecture, sans piste d’athlétisme, à la manière des stades anglais, qui rapproche le public des joueurs dans le terrain. Ensuite, du fait de sa position géographique qui, avec l’autoroute à péage, permet aux supporters issus des trois régions les plus peuplées du Sénégal (Dakar, Thiès et Diourbel) de pouvoir se disputer les places. D’ailleurs, c’est pourquoi il faudra s’attendre, désormais, à voir les matchs de l’équipe nationale se jouer à guichet fermé. Enfin, ces deux éléments précités coïncident avec une période où le Sénégal a une génération de footballeurs très talentueux, avec des stars planétaires. Donc tous les ingrédients d’une forteresse, voire d’un chaudron pour les équipes adverses, sont réunis pour faire du stade Abdoulaye WADE la chasse gardée des lions rouges ».


Pourtant, cette ambiance de feu parfois bouillante et débordante, avec des chants d’environ 50 000 spectateurs s’égosillant comme s’ils étaient 100 000, n’était qu’un effet d’entraînement. Il faudra attendre les soirs de déroute pour voir si ce stade restera imprenable.
IDRISSA SANE

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Publié par

Namory BARRY

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