vendredi 16 octobre 2020 • 17 lectures • 0 commentaires

Vente d'albums en baisse : Le streaming, la nouvelle parade des artistes

Culture 4 jours Taille

Vente d'albums en baisse : Le streaming, la nouvelle parade des artistes

Au Sénégal comme dans le reste du monde, la révolution du numérique a complètement bouleversé l’industrie musicale. Les nouveaux modes de consommations émergentes et les plateformes de musique en ligne se développent. Le streaming est donc devenu très prisé sous nos cieux et constitue un rempart pour les artistes face à leurs méventes.

Le secteur musical sénégalais vit des heures difficiles. Entre des ventes en baisse, le retrait des producteurs, la quasi-absence de Maison de production… l’industrie musicale sénégalaise tire le diable par la queue. Avec l’avénement des technologies d’information et de communication, une nouvelle ère s’est ouverte à elle, celle de la digitalisation. Une transformation numérique qui a chamboulé le mode de consommation de leurs produits. Les Sénégalais commencent peu à peu à se détourner des Cd et à s’intéresser aux plateformes de musiques en ligne, obligeant ainsi les artistes à adopter cette nouvelle tendance. Devenu par excellence le canal pour accéder à des contenus multimédias en ligne, le streaming est en passe de révolutionner la façon de consommer de la musique. Technique de diffusion et de lecture en ligne de données multimédias en contenu ou avec un léger différé, le streaming consiste tout simplement à écouter une musique en ligne sans la télécharger.  


«Les internautes s’y mettent»


Musik Bi, Deedo (locales), Deezer ou Spotify (internationales) et les plateformes de streaming commencent à s’imposer et à changer la façon d’écouter de la musique sous nos cieux. Les playlists, élaborées par des algorithmes, ont remplacé les compilations. Avec le streaming, on passe de la possession à la location, en prime, l’écoute en mobilité. Le streaming permet l’écoute de musique permanente, infinie et à volonté.  Au Sénégal, il commence à compter de plus en plus d’adeptes. Grâce à une richesse musicale, une population jeune, un fort taux de pénétration du mobile, la multiplication des initiatives pour démocratiser l’accès à Internet, beaucoup  d’opportunités concourent au développement du streaming musical dans le pays. «Au Sénégal, les internautes ont commencé à s’y mettre. Ils ont compris le principe du streaming. Ils se connectent maintenant pour écouter de la musique. Ce qui est génial, c’est que tu peux avoir également un tas de catalogues pour voir les nouveautés», se réjouit Moussa Ndiaye, propriétaire de la plateforme en ligne «Musik bi». Poursuivant dans sa dynamique, Moussa Ndiaye estime que «nous sommes à l’ère du numérique. Au Sénégal, la majorité de la population dispose d’une connexion par téléphone intelligente. Et la qualité de la connexion connaît elle aussi une progression continue. Ainsi, la meilleure manière de distribuer la musique, c’est via ces deux paradigmes : le téléchargement et le streaming. Et j’ai choisi de mettre en place une plateforme de streaming à cause de ses honoraires», explique Moussa Ndiaye. Le principe de la rémunération est simple. «Il y a deux offres. L’internaute vient écouter de la musique gratuitement sur la plateforme. Certes c’est gratuit chez lui, mais il y a de la publicité qui passe à chaque lecture de morceaux. C’est la publicité qui passe qui rémunère l’artiste. Il arrive maintenant qu’il ait des gens qui ne veulent pas entendre de la publicité, ces derniers sont considérés comme étant des prémiums. Ces derniers s’abonnent soit à 1 500 FCfa le mois, ou sinon à 15 000 FCfa l’année», fait-il savoir. Pour le cas de «Musik bi», les artistes gagnent beaucoup plus d’argent, car le contrat est de 70% pour l’artiste et 30% pour le distributeur. Et la rémunération de l’artiste commence à partir du moment où «ce dernier commence à atteindre 100 mille Streams», souligne Moussa Ndiaye. Cependant, l’offre prémium est la moins utilisée. Car, «les Sénégalais préfèrent toujours aller écouter gratuitement de la musique», se désole-t-il.


L’offre des disques matériels ne peut lutter face à une offre numérique qui ne cesse de se diversifier. Les ventes d’albums au Sénégal baissent inexorablement. Interprètes et producteurs ont dû s’adapter et trouver de nouveaux accords. Si, de tout temps, les revenus des artistes étaient moins liés aux ventes de disques qu’aux recettes de concerts, il n’en était pas de même avec les labels, qui se sont aujourd’hui rabattus sur la partie évènementielle, c’est-à-dire la production de spectacle, voire même sur les produits dérivés. La plupart des artistes, en mettant sur le marché des albums, sont obligés de le parrainer à un mécène et c’est ce dernier qui est obligé de les acheter et remettre au public. C’est une énorme perte si l’on sait que la matérialisation d’un album coûte excessivement cher. Ainsi, le streaming apparait ici comme une aubaine. Car, «le streaming prend de l’ampleur. Il est pratique, simple, et peu onéreux», confie le propriétaire de la plateforme de musique en ligne. «C’est maintenant sur ces plateformes que les gens écoutent de la musique. Les services de streaming sont devenus populaires auprès du public. C'est important de s'en rendre compte et d'accepter la situation, autant s'adapter que de nier. Les plateformes de streaming permettent à l'artiste de trouver son public et aux fans de trouver plus facilement de la musique d’une façon plus simple.»


Un grand volume d’écoute pour plus de revenus


Pour le cogérant du label «Prince Art», Ibou Ndour, l’avantage principal du streaming musical est que l’internaute n’a pas besoin de télécharger la chanson à écouter. «L’avantage principal et déterminant de cette technique, c’est que l’utilisateur n’a pas besoin de télécharger les morceaux avant de les écouter. Il suffit de trouver le morceau désiré et on peut le lire directement sur le site. Le second avantage principal est la richesse du contenu proposé», confie le cogérant du label de production «Prince ART». La distribution numérique et la diffusion en streaming apparaissent alors comme un moyen simple et rapide et sortir un album et de toucher son public. Car, dans ce cas, l’artiste est autonome. Il n’a plus besoin d’être en contact avec des distributeurs physiques qui d’ailleurs ne signent quasiment plus aucun artiste. Cependant, le streaming n’est pas encore totalement intégré par les Sénégalais. «Ecouter de la musique en streaming requiert forcément de la connexion. Et il n’est pas évident que chaque Sénégalais dispose d’assez de connexion pour simplement écouter une chanson», explique Ibou Ndour. Qui embraie : «La rentabilisation du streaming musical est difficile, car la production d’un album requiert beaucoup de moyens. Son coût s’élève entre 15 et 20 millions. Ainsi, il faut avoir un nombre d’écoute assez élevé pour espérer un retour d’investissement. Malheureusement, au Sénégal, il est difficile d’atteindre la barre requise. Sans doute, d’ici quelques années, on pourra noter une évolution», assure Ibou Ndour.


IDRISSA FALL, MEMBRE DU STAFF DE DIP DOUNDEU GUISS, LE RAPPEUR LE PLUS STREAME : «Le streaming réduit les barrières frontalières»


C’est le rappeur sénégalais le plus streamé. «LNN», son dernier opus dans les bacs, il y a moins d’un an, comptabilisait le mois dernier 17 787 308 streams. Idrissa Fall, membre de son staff, nous explique pourquoi son artiste Dip Doundeu Guiss a choisi de miser sur le streaming…


Qu’est-ce qui justifie le fait que vous ayez porté votre choix sur le streaming, pour écouler et exporter vos projets musicaux ?


Nous sommes à l’ère du digital et les modes de distribution et de consommation de la musique ont évolué. Avant, il fallait acheter une cassette ou un Cd ou écouter la radio. Aujourd’hui, il suffit juste d’aller sur une plateforme de streaming et avoir accès à toute la discographie de l’artiste. La musique est maintenant plus accessible, l’expérience avec le fan se fait en un clic et des revenus sont générés. En outre, le streaming réduit les barrières frontalières et permet à l’artiste d’exporter sa musique dans une époque où le marché des smartphones a explosé.


Quel avantage en tirez-vous ?


On arrive à générer des revenus, mais c’est encore timide. Il faut un grand volume d’écoutes pour gagner de l’argent avec le streaming. De plus, les revenus sont souvent divisés entre la plateforme de distribution et l’artiste, si on est indépendant. Ou bien avec le label, si l’artiste est signé. Pour faire décoller davantage le business model du streaming, il faudrait davantage sensibiliser le public afin qu’ils s’abonnent aux plateformes et écoutent légalement notre musique. Plus ils écoutent, plus les revenus de l’artiste augmentent. De plus, la problématique liée à la bancarisation est levée. Avant, il fallait forcément avoir une carte bancaire pour s’abonner, mais Deedo, une plateforme locale lancée par le rappeur et producteur sénégalais NIX, a réglé ce problème avec la possibilité de payer dorénavant son abonnement par Orange Money.


A partir de combien de vues ou de streams votre rappeur Dip est-il rémunéré ?
Les plateformes ont différentes manières de calculer les revenus de l’artiste. C’est un véritable secret de polichinelle. En effet, chaque plateforme a un taux de rémunération différent. Mais de manière générale et de ce qui ressort de certaines études, Deezer par exemple, qui est la plus populaire au Sénégal, paye 1 Euro à l’artiste lorsqu’il cumule 174 streams. Quand à Spotify, elle paye 1 000 $ pour 250 000 streams.


Tout s’avoir sur le streaming


Le streaming est utilisé pour visionner ou écouter des contenus en ligne. Ce protocole permet la lecture instantanée de vidéos ou de musiques, directement dans le navigateur web. Le streaming s’est largement développé sur Internet au début des années 2000, avec le lancement de grandes plateformes de streaming aujourd’hui très connues telles que Deezer, Sportify, YouTube music, Apple music, Tidal. Le streaming permet ainsi simplement de regarder des vidéos ou d'écouter de la musique sur Internet, sans avoir à télécharger de fichier. Le streaming fonctionne entre deux parties : le client, c’est-à-dire l’internaute, et un serveur. Lors d’un lancement d’une vidéo en streaming, l’ordinateur ou le téléphone de l’utilisateur envoie une requête au serveur : une petite partie du fichier est alors placée dans ce que l’on appelle une mémoire tampon, faisant partie de la mémoire vive de l’ordinateur. Lorsque suffisamment de données sont récupérées dans cette mémoire, la lecture démarre. Le flux (la suite du fichier) est ensuite téléchargé au fur et à mesure dans la mémoire tampon pour que la lecture se poursuive de façon fluide. Il existe différents types de lectures : la lecture progressive (la plus usitée) et la lecture continue. Le streaming permet d’éviter de télécharger un fichier sur le disque dur de son ordinateur, ou téléphone, mais il demande cependant une bonne connexion Internet (et surtout une bonne bande passante) pour fonctionner de manière fluide.


AICHA GOUDIABY (Stagiaire)

#Streaming #Musique #Vented'album #Industriemusicale

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Publié par

Namory BARRY

admin

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