Enquête sur la zoophilie, un plaisir bestial

mercredi 13 octobre 2021 • 562 lectures • 0 commentaires

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Enquête sur la zoophilie, un plaisir bestial

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Certains hommes éprouvent du plaisir en entretenant des rapports sexuels avec des animaux. Cette pratique qui commence à prendre de l’ampleur au Sénégal, traduit une déviance chez le sujet, qui pourrait être qualifié d’anormal. Zoom sur un sujet tabou.

Braquant son regard vers le sol comme s’il cherchait un objet perdu, le jeune menuisier, visiblement dans ses petits souliers, essaie de convaincre le juge de sa bonne foi. «Je ne suis pas un voleur», se défend-t-il avec conviction. Acculé de questions par le magistrat qui voulait se faire une idée sur cette histoire de vol de bétail à lui reproché, le jeune prévenu, d’une voix presque inaudible, se fait violence pour trahir le secret qu’il détenait. Son secret qui ruine sa vie depuis qu’il a atteint l’âge de la puberté. «Effectivement, j’avais entraîné la chèvre dans une salle de classe après l’avoir ligotée, mais je ne voulais pas la voler, je voulais juste m’accoupler avec elle. D’ailleurs, je n’étais pas à mon coup d’essai. Je reconnais m’être accouplé avec des animaux à plusieurs reprises», a révélé le jeune homme, qui venait de confirmer la déclaration qu’il avait faite à l’enquête préliminaire. Stupeur et interrogations dans la salle. Le prévenu avait-il inventé cette histoire invraisemblable pour se tirer d’affaire ? Disait-il la vérité d’autant qu’il n’a pas été pris la main dans le sac ? Difficile de répondre à ces deux questions. Ni la police qui l’a interpellé, ni le juge du tribunal d’instance ne fera aucun commentaire. On saura peu de chose sur le jeune homme interpellé en septembre dernier pour vol, même si d’après le prévenu, les pratiques zoophiles répétées méritent plus d’être retenues. On ne saura presque rien de lui, sinon qu'il a en partie reconnu les faits et souffre de graves problèmes psychologiques. La zoophilie, consolation sexuelle, déviance mentale, pratique répandue ? Le psychologue A. Sanogo est formel : «La zoophilie est considérée comme une forme de perversion. Classée dans la nosographie officielle parmi les paraphililes, soit les sexualités déviantes, comme la pédophilie, la scatologie ou la nécrophilie.»
«J’ai eu ma première expérience sexuelle avec une brebis»
A Louga, le moins que l’on puisse dire est que des dossiers relatifs à la zoophilie ont été jugés par le Tribunal de grande instance de ladite région. «En moyenne, une fois dans l’année.» Me Ahmed Moussa Sall, avocat : «Le délit de zoophilie est une contravention et souvent l’acte contre-nature est visé et une peine de sursis est ordonnée par l’article 12 du Code des contraventions.» L’on se souvient du cas B.S, un jeune maçon d’une trentaine d’années, qui a été arrêté par la Brigade de gendarmerie de Sagatta Gueth, suite à l’exploitation d’une plainte qu’une vieille dame avait déposée contre lui. La plaignante avait déclaré devant les gendarmes-enquêteurs, les griefs qu’il reprochait à son jeune voisin : «Un jour, de retour du champ, j’ai surpris B.S dans mon enclos en train de s’accoupler avec mon ânesse qui était pourtant en gestation. N’en croyant pas à mes yeux, je l’ai sommé de vider les lieux. Il a pris la fuite en laissant sur place son pantalon. La minute d’après, je suis allée chez son père et le chef du village pour me plaindre parce que mon petit-fils de 08 ans m’avait une fois dit qu’il a vu B.S. sortir de l’enclos en courant. Je n’avais pas pris au sérieux cette déclaration. Après l’avoir surpris moi-même, j’ai compris qu’il avait l’habitude de le faire, parce qu’il avait bien ligoté les deux pattes arrière de l’animal. J’ai décidé de porter plainte contre lui, car digérant mal le fait que je l’ai dénoncé, il m’a injuriée et a brandi la menace de s’en prendre à moi dès qu’il aura l’occasion.» Arrêté et traduit devant la barre, le prévenu a reconnu avoir entretenu des relations sexuelles avec l’animal. «C’est plus fort que moi. Depuis le jeune âge, j’aime m’accoupler avec des bêtes. D’ailleurs, j’ai eu ma première expérience sexuelle avec une brebis.» Seulement, il a contesté les délits de violence et voie de fait et d’injures publiques. Il a été finalement relaxé de ces délits sus visés. Pour lui tendre la perche, le juge qui présidait l’audience, lui a conseillé de se marier plutôt que de s’accoupler avec les animaux. A-t-il suivi ces conseils ?  En tout cas, ces hommes qui ont eu la malchance (?) d’être démasqués, arrêtés avant d’être jugés par le tribunal, ne sont pas les seuls pervers qui éprouvent le désir d’entretenir des relations sexuelles avec les animaux. Seulement, ces derniers, compte tenu de la sensibilité de ce sujet tabou qu’est la zoophilie, préfèrent avancer masqués. Ils s’entourent de toutes les garanties avant de passer à l’acte délictuel. C.G, vigile dans une école de formation ayant pignon sur rue à Louga, n’est pas du tout gêné d’aborder ce sujet. Remuant sans cesse le fourneau sur lequel est posé une théière, cet homme d’une cinquantaine d’années, couvre-chef d’un autre âge bien vissé sur la tête, tire rageusement sur une mèche et révèle : «C’est connu, certains hommes, pour satisfaire leur libido, se rabattent sur les animaux. Un de mes voisins, pourtant marié à deux épouses, a été surpris dans une position très compromettante avec une ânesse. L’affaire a été étouffée par ses proches. Dans notre village également, il y a de cela trois ans, un paysan y avait été pris en flagrant délit de coucherie avec un cheval en pleine brousse. Ce dernier qui ne pouvait plus supporter le regard méprisant des gens, a préféré déménager. Les exemples similaires foisonnent. Cependant, les mis en cause ont plus besoin d’une assistance médicale. Ce ne sont pas des personnes normales.»
«La zoophilie est compensatoire d'une sexualité humaine absente ou insatisfaisante»
«La zoophilie est compensatoire d'une sexualité humaine absente ou insatisfaisante.» L’éclairage est d’un psychologue qui a requis l’anonymat. Qui poursuit : «Elle est alors liée à une incapacité hétéro sociale. Mais il y a aussi des sexualités «déviantes» dès le départ. Des individus - des garçons adolescents le plus souvent - qui découvrent la sexualité par la zoophilie et se fixent mentalement là-dessus. Si cette attraction se transforme en addiction, il aura constamment envie d’être en compagnie sexuelle des bêtes. Cela devient alors la seule pratique satisfaisante. On parle alors d'individus «fixés». Le sociologue Abdou Khadre Sanokho renchérit : «Personne n’éduque son enfant pour qu’il verse dans ce genre de pratiques qui pourraient trouver ses causes dans l’environnement où évolue le mis en cause, les rigueurs culturelles et religieuses.» Donc, «pour respecter les préceptes religieux et s’éloigner de la fornication, certains tentent de contourner l’interdit en assouvissant leur libido chez les animaux. C’est pourquoi, à mon sens, il faut encourager les mariages précoces.» Très touché par l’attitude de ces déviants, le sociologue opte pour la prévention : «Pour lutter contre un tel phénomène, il faut s’entretenir très tôt avec les enfants pour mieux chercher et cerner leur ressenti. Ce qui pourrait certainement aider à prévenir ce genre de pratique. Malheureusement dans nos sociétés, on ne donne pas assez la parole aux enfants pour comprendre leur psychisme.»
Considérations mystiques
Si certains éprouvent le désir d’entretenir des relations sexuelles dans le but de satisfaire leur besoin libidinal, d’autres par contre, font recours à cette pratique pour des considérations mystiques. Interrogé sur le sujet, Mb. Koundoul, un féticheur couru dans le département de Kébémer, explique : «Je suis un charlatan, mais je n’ai jamais recommandé à un client de coucher avec des animaux. Par contre, certains parmi mes collègues le font. C’est une pratique très courante dans notre milieu. Il se dit qu’entretenir une relation sexuelle avec un âne protège contre le mauvais sort et s’accoupler avec une chèvre apporte de la chance. Cela n’est pas vérifié, mais en tout cas, il est bien ancré chez certains. Il faut reconnaître qu’aujourd’hui, les hommes sont prêts à tout pour satisfaire leur libido. Quelqu’un qui couche avec sa propre fille, sa petite sœur ou même avec sa propre maman, n’hésiterait à entretenir des rapports sexuels avec un animal.» C’est dit !
ABDOU MBODJ

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Publié par

Namory BARRY

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