Elage Diouf, artiste-chanteur : «Il y'a trop d'indiscipline et de laisser-aller dans le pays»

mercredi 19 mai 2021 • 1578 lectures • 1 commentaires

People 4 mois Taille

Elage Diouf, artiste-chanteur : «Il y\'a trop d\'indiscipline et de laisser-aller dans le pays»

Le troisième album studio d’Elage Diouf Wutiko est un retour aux sources à plusieurs égards, en plus d’être une quête des pièces manquantes dans un projet de vie. Dans cet opus de onze titres, l’artiste québécois d’origine sénégalaise aborde la richesse du parcours de l’être humain, l’évolution et la résilience de l’humain.

Après Aksil (bienvenue), Melokan (reflets, images), vous revoilà avec Wutiko (une sorte de quête). Il y a comme une transition, une suite logique entre ces trois albums. Parlerez-vous d’évolution, de pas franchis dans votre carrière ?


En faisant Aksil, j’ai invité tout le monde dans mon univers musical. L’objectif était de faire connaître mon projet de carrière solo. Mais aussi faire découvrir Elage Diouf, parce qu’avant, j’étais toujours en groupe. Après Aksil, j’ai sorti Mélocan dans lequel je parle d’identité parce que je trouve que c’est important de savoir qui tu es. Connaître son identité aide mieux à savoir le chemin à emprunter. C’était une manière de tirer la sonnette d’alarme sur les faits de société qui se passaient dans le pays en général. Maintenant, Wutiko parle d’une quête, celle des pièces manquantes et des réalisations qu’on n’a pas faites quand on avance dans la vie. Ça parle des choses qui nous motivent et nous poussent à toujours se fixer de nouveaux objectifs et à chercher à les atteindre. Ce qui nous pousse à rêver. Ce qui nous pousse à franchir les barrières, les obstacles, les préjugés. Ce qui nous pousse à accomplir nos vœux, comme avoir des enfants, une maison, voyager…L’homme a toujours des souhaits. Et quand on a des vœux, on est toujours en action. C’est cette quête qui fonde l’album Wutiko. 


Doit-on vous prendre au mot avec l’intitulé du dernier album. Si oui, que recherchez-vous ? 
Je me mets dans la peau de tout le monde. Je me suis invité à voyager dans les esprits des gens pour savoir ce qu’ils pensent, ce qu’ils vivent. Ce que la vie me fait découvrir aussi. Mais oui. Personnellement, j’ai toujours des souhaits, des vœux, je suis toujours dans cette quête. C’est cette quête qui explique ma présence au Sénégal actuellement. Je suis sur un projet que je compte réaliser. Je veux faire une tournée nationale dans mon pays, je veux faire le tour du Sénégal. Je veux découvrir davantage mon pays parce que j’ai eu la chance de voyager partout dans le monde, en Asie, en Europe, en Amérique du Nord. J’aimerai plus connaître mon pays, partager mon savoir acquis à travers ces nombreuses années de voyage et les cultures que j’ai rencontrées. Je veux aller vers les gens. Et je ne veux pas me limiter à Dakar. Je veux aller de Podor, en Casamance, de Kaolack à Saint-Louis pour parler de mon expérience, de mes voyages, de ma musique et de ce que le monde m’a fait découvrir.


Chercheriez-vous à être mieux connu des Sénégalais ?
Non. Pas personnellement. Ce que je veux, c’est que ma musique soit plus connue. Je fais de la musique pour que tout le monde puisse l’écouter. Au Sénégal, toutes les générations me témoignent leur admiration. Tous les Sénégalais ne connaissent pas Elage Diouf certes, mais la plupart aiment ma musique. Mon objectif est de partager ma musique avec les Sénégalais, où qu’ils puissent être, comme je le fais en Amérique du Nord. C’est à l’âge de 17 ans que j’ai commencé à voyager donc, je n’ai pu mettre les pieds dans certaines régions du pays. Il y a juste deux ans que j’ai visité Mbour. Je ne connais pas tout le Sénégal.


Avec la sortie de l’album Wutiko, à quoi le public sénégalais devrait attendre de votre part ?
Pour le moment, je les laisse déguster et apprécier, écouter et voir comment ils trouvent les chansons. Ceux qui connaissent Elage Diouf vont sûrement être contents. Le but est de faire une tournée nationale. Je veux pouvoir partager ma musique partout au Sénégal. 


Parlez-nous des thèmes que vous développez dans votre opus ?
Au début, j’ai commencé par «Cool fine Nice». C’est une chanson qui parle de quelque chose de positif. Mais j’ai abordé plein de thèmes comme la mort, l’immigration, l’évolution de l’individu à travers les épreuves de la vie, la résilience de l’humain, vivre et vaincre ses peurs ainsi que l’épanouissement des gens dans le respect mutuel. Des sujets universels. En plus d’aborder le thème de l’évolution et de la résilience de l’humain, Wutiko est aussi un appel au respect mutuel entre les personnes de différents horizons. Ce métissage socio-culturel est au cœur de la vie du musicien qui a émigré du Sénégal.


Pourrions-nous interpréter votre album comme un appel à la jeunesse ?
Il y a des thèmes. Dans la chanson intitulée Niou mel ni yaw, l’appel est de dire aux gens de redevenir Sénégalais. Il faut qu’on soit fier de faire des choses sans attendre. Je trouve qu’il y a trop d’indiscipline et de laisser-aller dans le pays. C’est une chose qui est très dangereuse pour un pays. Nous ne sommes pas conscients de ce qui pourrait advenir. Les jeunes ont besoin d’être informés et d’être conseillés, surtout sur l’immigration. Ils ont également besoin d’être assistés. Cette chanson est dédiée aux jeunes.


Intégralement enregistré en Wolof, l’album comporte également des sonorités propres à la musique sénégalaise. Pourquoi le Québécois d’origine sénégalaise a porté un tel choix ?  
C’est très important pour moi d’avoir cette touche. D’ailleurs, c’est ce qui me différencie de plusieurs artistes sénégalais. Pour moi, c’est quelque chose de très important. Je me suis forgé dans la musique traditionnelle et j’aurais aimé à chaque fois que je fais un album qu’on y retrouve ces sonorités. Et, comme j’adore la kora et le xalam, je veux les partager. Ce ne sont pas juste les Sénégalais qui m’écoutent. Si je veux avoir des sons Folk, c’est un plaisir de transporter la musique sénégalaise hors de nos frontières. Le but est de faire une musique accessible, universelle et appréciée de tous.


L’album compte combien de titres ?
Cet opus compte 11 titres. 


Avez-vous collaboré avec d’autres artistes ? 
Oui j’ai collaboré avec cinq invités. Au Sénégal, il y a Ousmane Gangé et un Sénégalo-québécois qui s’appelle Ousmane Traoré que j’ai invité dans la chanson Taar.  J’ai également collaboré avec un Cubain et deux autres artistes. Ce sont des artistes que j’aime bien. Ils ont tous apporté leurs touches personnelles.


Combien avez-vous investi pour mettre en place un Projet d‘une telle envergure ?
J’ai investi beaucoup d’argent. Voyager avec les musiciens n’était pas du tout évident. À un moment donné, j’ai même arrêté de compter. Je ne peux dire de chiffres exacts. Mais, j’ai dépensé au minimum 10 millions de francs.
AIDA COUMBA DIOP et AICHA GOUDIABY

Cet article a été ouvert 1578 fois.

Publié par

Namory BARRY

admin

1 Commentaires

Je m'appelle

Téléchargez notre application sur iOS et Android

Contactez-nous !

Ndiaga Ndiaye

Directeur de publication

Service commercial