Le Colonel Doumbouya, un produit de l’Eai de Thiès

lundi 6 septembre 2021 • 530 lectures • 0 commentaires

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Le Colonel Doumbouya, un produit de l’Eai de Thiès

L’auteur du putsch qui vient de renverser le président Alpha Condé n’est pas inconnu de l’armée sénégalaise. Ancien caporal-chef de la légion étrangère, promu Colonel de l’armée guinéenne, Mamady Doumbouya avait été repéré et envoyé par le Président Alpha Condé au Sénégal en 2012-2013 pour y suivre le Cours de formation des futurs commandants d’unité (Cfcu) à l’Ecole d’application de l’infanterie à Thiès.

A l’époque, son principal formateur était le capitaine Alassane Hanne de la Direction des études, un des plus grands baroudeurs de l’armée sénégalaise, qui avait réussi des exploits peu communs en Guinée Bissau, lors de l’«Opération Gabou». Nommé à la tête des Forces spéciales guinéennes, après plusieurs autres stages à l’étranger, Mamady Doumbouya, un colosse réputé être un «dur», avait fait sensation à Conakry lors d’un défilé militaire impressionnant qui avait marqué les esprits. Mieux, lors de la dernière Présidentielle qui avait vu deux camps militaires et la prison civile de Kindia attaqués en octobre 2020, c’est lui que Alpha Condé avait dépêché sur place pour mater ce qui ressemblait fort à une tentative de coup de force. Il n’y était pas allé de main morte. Au fil du temps, il était devenu un des piliers du régime, au point que sa popularité grandissante au sein de la troupe commençait à gêner le Président Condé. L’ancien légionnaire a-t-il déjoué et anticipé les calculs d’un Président réputé rusé et madré, en le déposant ?
Toujours est-il qu’en Guinée, tout comme au Mali, les Forces spéciales sont en passe de devenir une fabrique de putschistes. En renversant le régime du Président Condé, le Colonel Mamady Doumbouya vient de rejoindre le Colonel malien Assimi Goita dans le club des officiers à la tête des fameuses «Fs» de leurs pays qui orchestrent un coup d’Etat. Tous les deux ont déjà participé au programme «Flintlock» de l’armée américaine destiné à renforcer les capacités des armées africaines. L’ancien Président IBK, comme son grand ami, Alpha Condé, doivent se mordre les doigts d’avoir misé sur ces unités d’élite qui les ont sortis de l’histoire par la petite porte. Tous les deux, se méfiant de deux armées adeptes des pronunciamientos, avaient misé sur ces corps surentraînés et mieux équipés que les autres unités, pour en faire le dernier rempart de leurs régimes chancelants. Erreurs fatales…
 
BARKA BA, ANALYSTE POLITIQUE

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Publié par

Namory BARRY

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