Khadim Rassoul Joher : «Je n’ai pas peur des défis»

mercredi 12 mai 2021 • 1143 lectures • 0 commentaires

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Khadim Rassoul Joher : «Je n’ai pas peur des défis»

L’année 2021 l’a placé sous les projecteurs. Convoqué pour la première fois en Équipe nationale en mars dernier et fraîchement promu en Süper Lig avec Adana Demirspor avec à la clé le titre de champion de 2e division turque, Khadim Rassoul Joher (32 matches, 2 passes décisives) rêve plus grand. Le défenseur sénégalais de 25 ans (1,87m) vise plus haut, aussi bien en club qu’en sélection. Et ce ne sont pas les défis qui lui font peur. 

Vingt-quatre heures après la montée en Super Lig et le titre de champion, que ressentez-vous encore ?
Beaucoup de fierté. Quand j’ai accepté l’offre du club pour venir en 2e division turque et quitter la Belgique (2019), beaucoup de gens n’avaient pas compris mon choix. Mais j’étais ambitieux et savais que c’était un grand club qui a la même capacité financière que certaines équipes de première division. C’est une ville qui vit le football et l’environnement est propice pour s’épanouir. C’est un club populaire qui n’avait plus accédé dans l’élite depuis 26 ans et l’objectif était de l’aider à y parvenir. Durant les trois premières saisons, on a joué les demi-finales des play-offs et perdu la finale l’année d’après. Cette fois-ci a été la bonne.


Quel est maintenant votre avenir avec Adana Demirspor ?
L’objectif était d’accéder en première division et c’est fait. J’ai encore un an de contrat (2022) et je ne sais pas encore ce qui se passera. Je continue à travailler et tout est possible d’ici le prochain mercato. Mon ambition est de rejoindre un club qui a plus de visibilité et cela peut être en Turquie ou en dehors parce que j’ai beaucoup de propositions. Mais tout dépend du président (du club). J’ai failli partir lors du dernier mercato, mais le club m’avait demandé de rester pour l’aider parce qu’il ne restait que trois mois de compétition avant la fin de la saison. Maintenant que l’objectif est atteint, j’espère qu’ils tiendront leur promesse.


«Mon ambition est de rejoindre un club qui a plus de visibilité»


En mars, vous avez été appelé pour la première fois en sélection. N’est-ce pas une motivation ?
C’est une chance d’être appelé en Équipe nationale, surtout quand on évolue très loin du Sénégal. Il y a beaucoup de joueurs qui rêvent d’avoir cette opportunité de venir en sélection et c’est une source de motivation. C’était un rêve. Durant le rassemblement, j’ai beaucoup appris aux côtés des joueurs expérimentés que je voyais seulement à la télé. Ce sont nos références, nos idoles et j’ai eu la chance de les côtoyer de près. Cela montre que mon travail est en train de payer. Le plus difficile était de réussir à être appelé parce qu’il y a beaucoup de bons joueurs sénégalais à travers le monde. Je suis en 2e division et cela me motive à redoubler d’efforts pour être régulier en sélection. 


Pensez-vous pouvoir atteindre cet objectif avec la forte concurrence ?
La concurrence existe partout et nous tirons tous dans le même sens pour faire avancer l’Équipe nationale et amener le trophée qui nous tient tant à cœur. C’est la concurrence qui nous rend meilleurs. C’est le sélectionneur qui fait ses choix et l’essentiel est d’être à la hauteur et répondre aux attentes le jour où il nous donnera notre chance.


«Redoubler d’efforts pour être régulier en sélection»


La Turquie est devenue un eldorado pour les joueurs africains et particulièrement sénégalais. Qu’est-ce qui explique cette ruée ?
Avant, les gens pensaient que les joueurs venaient seulement ici pour de l’argent. C’est vrai, il y en a, mais pas que. Maintenant, le championnat turc a plus de visibilité et des joueurs quittent l’Angleterre pour venir aussi bien pour des raisons financières, mais aussi sportives. Par rapport à l’Europe, la Turquie offre plus de stabilité sur le plan financier et c’est de plus en plus un championnat compétitif. Il y a même des joueurs qui quittent ici pour aller en Angleterre, cela prouve que le championnat turc a beaucoup évolué.


Quels sont maintenant vos objectifs sur le moyen et long terme ?
Personnellement, je veux évoluer dans les plus grands clubs et jouer avec les plus grands joueurs. C’est le travail qui permet d’y arriver et c’est ce que je suis en train de faire depuis que j’ai commencé ma carrière. Je suis un homme de défis. Je me suis battu toute ma vie et j’aime entreprendre des choses qui paraissent impossibles et arriver à les rendre possibles. Je n’ai pas peur des défis et c’est pourquoi je n’ai pas de problème pour jouer à un poste.


Effectivement, cette polyvalence peut-elle vous aider dans votre quête de régularité en sélection ?
En club, je joue davantage en défense centrale. Quand un latéral est blessé, je dépanne aussi à ce poste. Mais à la base, je suis un milieu défensif. C’est à ce poste que j’ai joué pendant les trois saisons que j’ai passées à Lokeren, en Belgique. Je jouais milieu offensif et défensif. C’est lors de ma dernière année que j’ai commencé à jouer en défense centrale. Quand j’étais en petites catégories, je jouais comme excentré, mais il m’arrivait souvent de changer de postes. Quand je suis arrivé en Europe, les entraîneurs ont vu cette polyvalence et chacun essaie de l’utiliser en fonction des besoins de l’équipe. Cette expérience me permet d’être très à l’aise à tous les postes où je joue. De la même manière que je le fais en club, je peux aussi le faire en sélection.


«Alassane Dia avait vu mon potentiel»


Avant d’arriver à Adana et en Équipe nationale, quel a été votre parcours ?
J’ai débuté à l’US Rails de Thiès en petites catégories avant de rejoindre les rangs de l’Étoile Lusitana. C’est là-bas que l’AS Pikine m’a recruté et j’y suis resté une année. Mais je n’avais pas beaucoup de temps de jeu ; j’ai joué environ quatre matches. Je suis donc parti à Anderlecht (2015), puis à Lokeren. C’était du temps de feu Alassane Dia. J’étais là-bas avec Cheikh Wade, Thierno Matar Thioune, Adama Mbaye, etc. C’est l’année du doublé Coupe de la Ligue – Championnat. Le club m’avait recruté comme milieu de terrain, mais je jouais souvent dans l’axe et parfois comme latéral. 


Quelles étaient vos relations avec l’entraîneur Alassane Dia ?
Il me faisait jouer latéral, mais je voulais jouer au milieu. Lors d’un match amical, on a même eu une petite altercation. J’étais encore très jeune. Il m’avait demandé de jouer latéral et je lui avais répondu que j’avais été recruté comme milieu. (Rire). Mais quand je suis venu en Europe, cela m’a beaucoup aidé. A mon arrivée à Anderlecht, je jouais aussi au milieu. Mais lors des tests, j’ai joué à tous les postes : latéral, milieu de terrain, latéral et défenseur central. Il avait cette vision et vu en moi ce potentiel. 
OUSMANE DIOP

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Publié par

Namory BARRY

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