Le drame singulier de la mère de Mamadou Dièye, tué par balle et jeté sous un pont à Kounoune

jeudi 8 avril 2021 • 83 lectures • 0 commentaires

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Le drame singulier de la mère de Mamadou Dièye, tué par balle et jeté sous un pont à Kounoune

Cela fera quatre ans aujourd’hui, 8 avril 2021. En 2017 Mamadou Dièye, né en 1992, avait subitement disparu avant d'être retrouvé sans vie, le corps jeté sous un pont. L'autopsie avait révélé que le jeune qui faisait partie du podium victorieux de «Lamb Académie» de la Tfm avait reçu une balle dans la région du cœur. L'enquête avait buté sur le mutisme des premiers suspects qui ont fini par être démasqués par la Sûreté urbaine (SU) avec l'aide de la Division de la Cyber-sécurité de la police.

En plus de réclamer justice, la mère du défunt craint désormais pour sa vie. 


Mariama Gaye : «Je veux savoir pourquoi ils ont tué mon fils Mamadou»
«Ce n'est jamais facile pour une mère de famille de faire le deuil de son fils tué lâchement et dont le corps a été jeté sous un pont non loin de la centrale électrique de Kounouné. Voici quatre ans que je n'arrive toujours pas à dominer ma douleur. Oublier n'est pas possible, mais au moins si les auteurs de la mort de mon fils me disaient pourquoi ils l'ont tué, cela m'aiderait à comprendre et à combler le vide. En effet, depuis que Mamadou n'est plus là, je suis face à un grand vide. Je sors très peu, cela fait quatre ans que je reste cloîtrée.  Je sors très peu en dehors des visites à ma famille. Je veux connaître la vérité, savoir comment cela s'est passé et ça, seuls les auteurs présumés de la mort de mon fils peuvent me le dire. J'ai subi un choc terrible le 09 avril 2017. Mon fils qui allait, cette année-là, terminer sa formation en BTS électricité au Lycée Limamoulaye de Guédiawaye, devait la veille, c'est-à-dire le 8 avril, participer à un mariage. Et peu avant, quelqu'un l'a appelé alors qu'il se trouvait à Darou Thioub, pour lui proposer de lui installer un circuit électrique dans sa maison. Il a alors vite enfilé sa tenue, pris son matériel et est allé là-bas. C'était la dernière fois qu'on a eu de ses nouvelles. Au mariage, son absence n'a inquiété personne. Cela jusqu'au lendemain 09 avril 2017, lorsque sa sœur jumelle, en appelant avec insistance sur son téléphone, est tombée sur un gendarme qui officie à la Brigade de gendarmerie de Sangalkam. Le gendarme qui a longtemps hésité, a fini par lui révéler que le corps de mon fils a été découvert à Kounouné sous un pont. C'était invraisemblable. Ce n'est finalement qu’après l'autopsie que nous avons appris qu'il a été tué par une balle logée dans la région du cœur (elle s'arrête un instant). C'est vous dire qu'ils n'ont laissé aucune chance de survie à mon fils. Quand le corps a été retrouvé, aucune de ses affaires importantes n'avait disparu. Il avait deux portables, celui de grande marque a été retrouvé dans ses poches, seul celui de moindre valeur avec lequel il avait l'habitude de  communiquer, a été emporté. Il a été également retrouvé dans ses poches : sa carte nationale d'identité et une somme de trente mille francs dans son portefeuille. C'est dire que le mobile ne peut  être le vol. Lorsque le corps de mon fils a été déposé à l'Hôpital Général de Grand Yoff (devenu hôpital Idrissa Pouye), je n'ai pas hésité à m'y rendre pour voir dans quel état il se trouvait. Je ne souhaite à aucune mère de famille de vivre ce que j'ai vécu là-bas. Il était méconnaissable, j'ai compris après pourquoi les auteurs de la mort de mon fils l'ont transporté de l'endroit où ils l'ont tué pour ensuite le jeter sous le pont. L'enquête l'a montré d'ailleurs. J'ai pleuré toutes les larmes de mes corps quand j'ai pris ses pieds dans mes mains. Pourquoi autant de cruauté ? Que leur a-t-il fait ? Je veux vraiment savoir.


«J'ai peur pour ma vie et pour celle de mes enfants» 
C'est en collaborant avec un opérateur de téléphonie de la place que les éléments de la Sûreté urbaine (Su), appuyés par leurs collègues de la Division spéciale de la Cyber-sécurité (Dsc), ont retracé les appels reçus par mon fils et notamment le dernier appel qui lui a fait quitter précipitamment son lieu de travail pour le rejoindre. Quatre individus, dont une femme et celui qui faisait travailler mon fils, ont été interpellés et envoyés en prison. Parmi eux, figure également un ami de mon fils originaire du même village que lui. Cela montre que c'est un crime bien planifié. A quelle fin ? Mon fils savait-il quelque chose qu'il ne devait pas savoir ? Je l'ignore encore. Je dois avouer qu'en plus de ma douleur de perdre un fils qui m'était très proche, j'ai également peur pour moi et mes enfants. En effet, j'ai appris que parmi les quatre qui ont été arrêtés et envoyés en prison, certains ont été élargis sans qu'il n'y ait un procès. Pourquoi ? Ont-ils bénéficié d'une liberté provisoire ? Est-ce possible dans le cadre d'un crime qui n'est pas encore élucidé ? Parmi eux, figurent deux amis de mon fils qui avaient l'habitude de dormir à la maison. Vont-ils rester tranquilles ? Est-ce qu'ils ne seront pas tentés de s'en prendre à nous ? A mes enfants ? Surtout que le père de l'un d'eux nous a aidés pendant les recherches, tout en ignorant peut-être que son fils était mêlé à cette affaire et qu'il allait être arrêté. Le monsieur a d'ailleurs disparu depuis lors. Je lance un appel à l’État, c'est l'appel d'une mère désespérée qui ne parle pas de vengeance, mais plutôt que Justice soit rendue à mon enfant et qu'on m'explique pourquoi et comment tout cela est arrivé. C'est alors seulement que je pourrais faire le deuil de mon fils Mamadou Dièye.»
ALASSANE HANNE

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Publié par

Namory BARRY

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